Bonjour Ophélie, vous êtes toute excusée pour la longueur de votre courrier, il est l'expression de votre profond désarroi et de vos multiples questionnements.La perte d'un être cher à votre coeur, escortée de la douleur et de l'incompréhension vous entraîne dans une réflexion métaphysique, qui est souvent la conséquence d'un tel choc.Vous passez et oscillez entre la pensée matérialiste de l'être et sa conception spiritualiste. Pour vous adresser à nous sur ce site, vous conservez l'espoir que la mort n'anéantit pas celui ou celle qui fait l'objet de vos pensées, voire de votre obsession. Ma réponse traduira bien évidemment mes certitudes en ce domaine qui touche tout un chacun à un moment ou à un autre de son existence. Au-delà de la révolte bien légitime d'un tel bouleversement, je vous assure , vous affirme même que cet ami, cet amour, poursuit son chemin sur un autre plan d'existence,ce qui signifie que sa conscience demeure, que son esprit vit et que cet esprit ne peut vivre, penser sans le,les souvenirs.La mort, inscrite en nos matérialités périssables(corps), fait partie de l'interrogation de l'homme, de ses angoisses aussi depuis l'aube de l'humanité.Si la majeure partie de cette humanité a opté pour une mort qui n'existe pas , mais se poursuit en une autre forme, que ce soit au travers de la foi, ou au travers d'une démarche à la fois philosophique et scientifique, il demeure d'évidence que cette pensée, cette démarche correspondent à une réalité. Je ne peux vous faire l'historique de cette pensée, réflexion, et conclusion établies au cours de l'évolution de l'homme, mais pour l'avoir étudiée, pour la connaître et pour vivre depuis 30 ans cette relation à l'esprit, aux esprits, je réitère mon affirmation.Vos interrogations sont multiples et le courrier ne me permet pas de les développer une à une,cependant, en votre inexpérience, en votre méconnaissance et en votre fragilité actuelle, ne tentez rien , n'expérimentez rien, cela ne ferait qu'ajouter à votre trouble.Pensez à votre ami, à cet amour (je sais que vous le faites de façon incessante), mais pensez-y différemment. Je m'explique: Cet ami, jeune, a connu une mort accidentelle violente, toute mort brutale entraîne pour le sujet qui la subit un état provisoire de trouble (en effet, en quelques instants, sans préparation aucune,la désincarnation, la mort en d'autres termes, va le surprendre); cet esprit a donc plus actuellement besoin de vos pensées, lui exprimant ce qu'il vient de vivre, afin qu'il en prenne réelle conscience et dépasse cet état de surprise d'incompréhension et de trouble.<BR>Ces pensées que l'on peut qualifier de pensées amoureuses, vont l'apaiser ainsi que vous-même et la suite du temps et de la pensée, du sentiment qui demeure vous permettra sans doute de le rencontrer avec plus de sérénité à l'intérieur du sommeil, au travers du rêve, qui est parfois l'expression et la traduction d'une rencontre réelle , au-delà de la matière, avec celles ou ceux qui nous ont devancés sur un autre plan d'existence. L'écriture restera toujours limitée, en comparaison de la parole, je sais ô combien l'acceptation d'une séparation peut-être difficile, mais je suis simultanément certaine que, parfois, de grandes douleurs entraînent une réflexion , et que cette réflexion, cette quête, peut générer un équilibre différent.<BR>Cordialement et avec toute ma compréhension.