Bonjour à tous,
Suite à l’article intitulé « Où pourrait nous mener l’ignorance du politique ? », je remercie la rédaction de ce site de permettre ainsi à l’internaute spirite que je suis de donner mon avis sur cet article qui mérite, selon moi, et bien qu’il ne soit pas apparenté à une question d’ordre spirite, une réponse critique pour faire le contre poids d’une vision qui reste respectable même si elle me parait partisane. Pardonnez donc par avance sa longueur.
Je note les reproches adressés sans beaucoup de discernement à nos concitoyens sur leur « ignorance » du monde politique, économique et social, il est en revanche ignoré par l’auteur, volontairement ou pas, les raisons historiques qui ont conduit notre pays dans la dramatique situation que nous constatons tous et les thèses d’extrême gauche défendues ici méritent quelques commentaires. Mon propos portera sur les convergences qui unissent ces deux parties que sont le front de gauche et le front national, particulièrement sur l’Europe.
La mouvance d’extrême droite doit être effectivement fermement combattue, mais cette vision par trop idéaliste et aveugle en faveur du parti de gauche fait oublier le discours trompeur de son chef et les éléments de convergence entre ces deux partis qui ont toujours été le fait des partis politiques extrêmes. Le bon sens populaire a toujours prédominé chez les français, qui ne font plus confiance aux partis politiques en général, a fortiori à l’endroit des extrêmes. C’est qu’il y a de bonnes raisons, ces deux mouvances, fronts de gauche et national sont jugées dangereuses par la majorité des français qui ne souhaiteraient en aucun cas les voir au pouvoir…ces deux partis d’ailleurs ne participent au débat qu’à travers un vote de protestation au premier tour. En effet ils se rejoignent sur de nombreux points, même si, « ils sont diamétralement opposés au plan de l’éthique » aux dires de l’auteur ...cela est sans doute vrai sur quelques points mais pas sur tout … et encore faut-il définir le terme d’éthique et sur quel domaine il est appliqué !
Il ne s’agit pas d’assimiler l’idéologie de ces deux mouvances qui, à leur manière, sont différentes ;toutefois elles se rejoignent dans le fait qu’elles ne défendent aucunement la démocratie mais au contraire la combattent et il serait sans doute fastidieux de décortiquer chacune de ces idéologies pour le démontrer ; mon propos sera simplement de constater leurs points de convergence, particulièrement sur l’Europe, sujet brûlant d’actualité et cause de tous nos maux. Vous l’aurez compris, je prêche la sortie sans condition de l’union européenne et de sa monnaie, l’Euro.
Les médias Français ont tendance à être plus tolérant envers les idées d'extrême-gauche que celles d'extrême-droite, mais historiquement, ces deux courants n’ont jamais amélioré les sociétés car outre la violence idéologique contenues dans ces deux partis, l’anticapitalisme primaire de l’un n'est-il pas aussi dangereux et méprisable que le discours raciste de l’autre ?
Mélenchon semble cependant bien « s’arranger » du système capitaliste qu’il fustige pourtant et dont il profite, avec un mandat de député européen qui cautionne l’union européenne, elle-même garante du système économique actuel qui nous écrase tous. Cette U.E, dont Mélenchon et Lepen en sont les représentants, est en effet responsable de bien des malheurs si on veut prendre la peine de lire dans son intégralité les différents articles du traité européen. Je ne m’étendrais pas sur la nécessité absolue de sortir de l’Union Européenne car cela serait trop long à débattre ; je voudrais cependant faire remarquer que les arguments des partisans de la construction européenne, dont Mélenchon et Lepen, ont été tellement martelés à l’opinion publique depuis tant d’années, et cela sans qu’une réfutation point par point n’ait eu la possibilité de se faire entendre, que la grande majorité de nos concitoyens a fini par les admettre inconsciemment comme étant vrais et, pire encore, comme s’il s’agissait de leur propre pensée.
Le refus d’en débattre, la dérision ou l’insulte sont l’arme des faibles et de tous ceux qui sentent que leur point de vue est au fond extrêmement contestable car soyons réalistes, après soixante ans d’attente, l’édifice « construction européenne » n’est toujours pas achevé et pire, est en train de s’écrouler.
Ce qui est singulier c’est que Mélenchon comme Lepen, prétendent parler de l’Europe au nom du peuple, alors que la majorité des français se sont prononcés contre en 2005. L'extrême gauche est surtout menée par une idéologie passéiste, quand l'extrême droite repose sur des valeurs de préférence nationale qu'elle pervertit à outrance dans son discours avec la haine de l’autre. Les deux jouent sur les peurs. Elles concluent toutes deux à l'existence d'ennemis objectifs : le capitaliste pour l’un (on verra plus loin que cela n’est plus vrai pour Mélenchon) et l'étranger pour l’autre, tous deux menaçant l'unité de l'Etat. En apparence tout les oppose mais au final on obtient la même chose: un danger qui a déjà fait ses preuves dans le passé.
Examinons quelques points communs entre Mélenchon et Le Pen :
ils sont « forts en gueule » (c’est la condition nécessaire pour faire croire aux Français qu’ils ont des convictions). Les éléments saillants de la rhétorique de Mélenchon dans un débat reposent sur le mépris du contradicteur, sa morgue ou sa condescendance, son intolérance pour l’idée de l’autre, l’obligation de donner des leçons ou tout simplement l’insulte (comme avec Marine Lepen, pour laquelle je n’ai vraiment aucune affinité mais qui doit être respectée en tant que personne et a fortiori femme). Mélenchon incarne le « terrorisme intellectuel », considérant comme « traîtres » tous ceux qui ne s’alignent pas sur ses positions et comme une «capitulation» toute recherche d’un compromis avec des partenaires. Quant à Lepen, le discours semble plus amène mais est tout aussi sectaire.
On est bien loin des conceptions de respect du prochain prônées notamment dans la doctrine spirite et j’avoue qu’en tant que spirite, et en dehors de toute considération politique, je ne peux cautionner ces personnages !
ils tempêtent tous deux contre l’Europe, vocifèrent contre la perte de souveraineté, hurlent à l’absence de démocratie. (C’est impératif pour faire croire aux Français que ce sont de vrais opposants), mais en aucun cas ne veulent en sortir car ils font parti du « système » et « roulent » tous, avec les médias, pour l’Union européenne.
ils sont limités techniquement sur le fond des dossiers (cela montre aux Français que leurs « coups de gueule » ne sont que des mouvements d’humeur et que l’on ne peut pas leur confier des responsabilités).
ils ne parlent jamais du fait que ce sont les USA qui ont conçu la construction européenne depuis 1945, alors que De gaulle n’en voulait pas (autre fait passé sous silence par les médias et politiciens de tous bords), l’encourageant en favorisant le nombre de pays membres, convaincus que les dits membres ne s’entendront jamais, ce qui est le cas, afin de mieux nous imposer leur domination (il suffit de prendre connaissance des documents récemment déclassifiés par les américains…c’est édifiant !).
ils ne proposent jamais de sortir la France unilatéralement de l’UE et de l’euro en vertu de l’article 50 du TUE ni de l’OTAN (qui nous entraîne dans toutes les guerres hors de l’Europe, décidées par les USA).
On aurait pu penser que le candidat du Front de gauche aurait eu la crainte que la France, son industrie et sa classe ouvrière, son agriculture et sa paysannerie, ses acquis sociaux, ses services publics, son école laïque, ne fussent détruits par l’euro et par l’Union européenne…Eh bien non, Mélenchon est avant tout soucieux de sauver cette construction européenne, soucieux de convaincre avec naïveté ou stratégie, les gouvernements européens qu’il faut mettre la Banque européenne et l’euro au service des peuples alors que les articles de l’U.E interdisent formellement de le faire !… A chacun ses « priorités », pour ce monsieur, le maintien de l’UE passe apparemment avant l’avenir du peuple et de la nation !!! Tout au plus Mélenchon s’inquiète-t-il du nouveau marché transatlantique qui sera signé d’ici 2015, montrant une fois de plus la soumission de l’U.E aux Etats-Unis.
ils sont constamment dans tous les médias (preuve par excellence qu’ils sont extrêmement utiles au Système).
Enfin, ils jouent à fond et constamment, l’un et l’autre, sur le registre droite-gauche :
– Mélenchon a le mot « gauche » à la bouche dans toutes les phrases et n’hésite jamais à fustiger « la droite », histoire de bien s’assurer que les électeurs de droite ne viendront jamais au FG.
– Le Pen n’hésite jamais à fustiger les immigrés, les musulmans, les fonctionnaires, les communistes, les socialistes… afin de s’assurer que les électeurs de la droite modérée, du centre et de gauche ne viendront jamais au FN.
Pour le Système, ces deux personnages sont très précieux car ils permettent de bien maintenir la division des Français entre « droite » et « gauche ».
Car pour le Système, il est en effet crucial de s’assurer que les 55 % d’électeurs qui ont voté Non en 2005 (dont 25 % venaient de droite et 30 % venaient de gauche) ne puissent pas constituer un parti et former une majorité. Ce serait bien trop dangereux.
Mélenchon et Le Pen servent donc de chiens de garde qui font en sorte que ces 55 % ne se reconstituent pas. Mélenchon fait partie intégrante du système capitaliste car en vue de sa campagne pour 2012, à la tête du Front de Gauche, on pouvait s’attendre à ce que toute son énergie soit consacrée à la lutte contre le système capitaliste, la suprématie des banques ou le patronat. Et bien non, son objectif est tout autre « Mon adversaire, c’est le FN ». Devant ce sens des priorités pour le moins curieux, on en vient à se demander qui est au pouvoir politique depuis des décennies avec les échecs que l’on connaît (dette et taux de chômage en évolution exponentielle depuis Pompidou). Est-ce le Front National ou la fausse alternance UMPS qui occupe le trône surplombant le tas de ruine qu’est devenue la France ? Et comment se fait-il qu’un prétendu adversaire du système ait les mêmes ennemis prioritaires que ce dernier ? Des deux blocs (PS et UMP) parviennent petit à petit à des compromis, s’influençant l’un l’autre, se mêlant, et finissant au final par ne faire qu’une synthèse, c’est l’UMPS d’aujourd’hui. Car mis à part quelques sujets de société, force est de constater que les deux forces politiques dominantes sont en parfait accord, bien que tout cela soit habilement dissimulé, sur l’essentiel de leurs positions (à ne pas confondre avec leurs postures). La même politique économique libérale, européiste, soumise à la finance internationale. La même politique étrangère interventionniste, impérialiste et atlantiste. Tel est l’UMPS, telle est la synthèse, tel est le système. Mais ce dernier ne se résume pas qu’à ses seules forces majoritaires. Tout corps périphérique se soumettant, s’alliant, ou négociant avec l’une de ces deux forces fait, de facto, partie intégrante du système. Et aujourd’hui, nombre de formations politiques (Modem, EELV, …) font, par intérêt sans doute, corps avec lui. Mélenchon et son front de gauche ainsi que le FN en font aussi partie. Mélenchon n’est pas la voix du peuple en colère, il n’est rien d’autre que l’agitateur de l’aile gauche du PS, tout au mieux. La stratégie fonctionne, et les naïfs électeurs du Front de Gauche se prennent déjà pour des résistants alors qu’ils ne sont, en réalité, et bien malgré eux, que de simples idiots-utiles qu’on garde de côté, au cas où. Car pour reprendre ses propres paroles, qui parlent d’elles-mêmes : l’adversaire, l’ennemi prioritaire, la cible ultime, ce ne sont pas eux, « c’est elle ». Cherchez l’erreur…
Si en 2012, ses chances d’accéder au second tour sont minces : qu’importe, puisque cela fait partie du projet. Attirer, à coups de grands discours, la jeunesse perturbée, les idéalistes, les déçus du Parti Socialiste, les jeunes bobos, l’esprit plein de rêves révolutionnaires, qui soulageraient ainsi leur conscience de petits bourgeois mais aussi les notables, agitateurs politiques et activistes violents mais…peu d’ouvriers ou très peu…il est vrai que le candidat Mélenchon a fait le forcing chez les communistes pour se faire élire, sans doute convaincu d’être chargé d’une mission messianique, alors que plus de quarante pour cent des militants communistes n’en voulaient pas !. Les attirer tous, pour leur offrir cette impression d’air nouveau. Un air, qui ne sera pourtant nouveau que le temps d’un premier tour. Ceci fait, sous feintes de négociations – bien que perdues d’avance -, le leader du Front de Gauche en appellera à ses ouailles : il faut faire barrage à la droite, se rassembler à gauche. En d’autres termes : voter PS. Bien faible projet, pour un révolutionnaire qui plus est au passé douteux. Ancien ministre et député socialiste, il a tout dernièrement encore validé l’intervention militaire en Libye, ce qui a fait se demander à certains si sa posture révolutionnaire n’avait pas ses limites. Enfin, il ne faut pas oublier ses projets d’alliance avec Cohn-Bendit (l’ultra-mondialiste) en 2009, et son vote en faveur du « oui » à Maastricht en 1992.
Avec tout ce qui vient d’être exposé, on voit bien, à l’écoute des discours populistes et démagogiques de Mélenchon, que le Front de Gauche est dans le système et que sous ses dehors "gentillets" et ses apparentes bonnes intentions, il est tout aussi dangereux que le FN. L’extrême gauche, sous influence trotskyste, fait depuis des années, avec ses rêves internationalistes d’abolition des frontières et de régularisation massive des sans-papiers, le jeu du patronat. Comme si cela n’était pas encore assez, cette même extrême gauche complice se voit dirigée par des gens qui, à l’image de Mélenchon, s’empresseront au second tour de diriger leurs électeurs, en criant au rassemblement de la gauche, vers le Parti Socialiste, partie intégrante du système.
Il serait fastidieux de reprendre en détail, en dehors du sujet sur l’Europe, ici abordé, les autres propositions du candidat Mélenchon tant j’ai le sentiment de revenir comme aux plus beaux jours de l’Union Soviétique : Réinstaurer la mainmise de l'Etat sur tout l'appareil économico-financier, mesures protectionnistes, toutes sortes de mesures "par le bas" visant l'égalité au détriment de la liberté, renationalisation des entreprises, interdiction pure et simple des licenciements (quid des patrons de TPE et PME qui peuvent se trouver dans des situations conjoncturelles inextricables ?) …etc
Ces mesures, même si elles ne sont pas toutes mauvaises, car certains dangers pèsent effectivement sur nos acquis démocratiques et sociaux, doivent être cependant acquises dans la sérénité, la légalité et la démocratie et non dans une logique de révolution, fond de commerce de l’extrême gauche avec la prise de pouvoir par la force ou par la rue, le renversement des dirigeants... en un mot l’anarchie !
La solution est dans la préservation des libertés dans l'égalisation des conditions. C'est ça, défendre la démocratie : corriger ses dérives, et améliorer ses lacunes. Il ne s'agit pas de couper les têtes pour tout ramener vers le bas et la médiocrité. Il s'agit d'offrir les mêmes chances à tous, de favoriser l'éducation et la recherche, de garantir les droits sociaux sans produire des assistés en masse. Alors, bien sûr les institutions démocratiques ne sont pas parfaites, c'est un lent processus fait d’avancées et parfois de reculs. Toutefois, le mouvement de fond va vers l'amélioration, et ceci grâce aux peuples et non aux politiques, vers une plus grande liberté et une plus grande égalité. Et ce n'est pas parce que la démocratie n'est pas parfaite, qu'il faut subitement tout jeter, sans tenir compte des acquis, des évolutions et des difficultés.
Personne ne croit plus au discours trotskiste, d’une autre époque, ni même au nouveau « Chavez français », en référence à ce « grand démocrate » vénézuélien qui a tenté de se faire élire président à vie ! Le front de gauche n’a pas de solution sociale et en vient au populisme. Le vide de la réponse sociale ne se compense pas par de la manœuvre politique. Je pense que les gens de gauche et d’extrême gauche méritent mieux que cela.
La jeunesse d’aujourd’hui est toujours rêveuse mais moins idéologue. Elle est pragmatique et veut des vraies solutions. L’utopie est belle pour qui a un job. Des générations n’en n’ont pas. Les jeunes veulent du concret, du possible.
L’article conclu par cette phrase « pour contrer l’ignorance qui mène à l’incertitude et à l’hésitation lors du vote, il n’y a que la connaissance qui permettra d’établir les distinctions utiles entre les uns et les autres, une connaissance à la fois historique et actuelle… »… Quant à moi, j’espère à mon humble niveau, avoir contribué à « contrer l’ignorance », en apportant une lecture critique tout en laissant l’internaute libre de son choix !
Bien à vous