Il est manifeste que le spirite d’aujourd’hui, dans son acceptation la plus noble du terme, est différent de celui d’hier…le spiritisme de nos aïeux avait pour objet essentiellement l’étude de la doctrine et souvent son application expérimentale, qui d’ailleurs, pour le plus grand nombre, était devenu un pôle d’amusement ou de curiosité. De fait, rares étaient les spirites préoccupés du rôle social et politique que pouvait apporter le spiritisme et faire le lien nécessaire entre « être spirite et être citoyen ».
Aujourd’hui les moyens d’informations, voire de désinformation qui nous parviennent quotidiennement, ne peuvent nous laisser indifférents sur le monde qui nous entoure et particulièrement sur notre pays, longtemps admiré mais aujourd’hui décadent, dénigré et moqué. Les citoyens que nous sommes, a fortiori fortifiés par les valeurs morales du spiritisme, doivent nécessairement s’intéresser à « la chose publique » et s’impliquer en qualité de citoyen au devenir de la France et de facto à son implication dans le monde…les prochaines élections présidentielles et celles qui suivront, législatives et municipales, doivent être prises au sérieux ; Il paraît inconcevable que, selon certains sondages, 32 % des électeurs potentiels envisageraient de s’abstenir. On peut certes évoquer la liberté individuelle mais des hommes et des femmes ont combattus naguère, y laissant parfois leur vie, pour que nous soyons libres aujourd’hui…le fait de voter est un hommage en leur nom et à celui de cette liberté chèrement acquise.
Il ne m’appartient pas de donner une quelconque consigne de vote…au nom de quoi le ferai-je ? Cela serait très présomptueux de ma part. En qualité de spirite et aussi de citoyen, il me faut faire un savant dosage dans le choix du futur candidat, étant entendu qu’aucun d’entre eux n’apparaît comme « l’homme providentiel » ! De Gaule, comme quelques hommes d’exception avant lui dans notre histoire, avaient une haute idée de la grandeur de notre pays, bénéficiant il est vrai d’une conjoncture économique exceptionnelle de l’après guerre, marqué par le plein emploi et une faible dette. En France, comme ailleurs, la banalisation et l’acceptation des partis des extrêmes, toujours violents dans leurs propos et leurs actes, doit être combattue avec force car considérée comme un réel danger pour la liberté et l’égalité de notre pays en raison du discours populiste et haineux envers certaines catégories de nos concitoyens, qu’ils soient de culture différente ou encore plus nantis que d’autres, alors que beaucoup partagent leur fortune par la création du travail .
Notre système démocratique, bien qu’encore largement perfectible, notamment à l’égard des plus faibles d’entre nous, ne peux se permettre un rapprochement ou une régression dans des systèmes de triste mémoire ou la dictature et la xénophobie rivalisaient avec l’aliénation des individus et la perte des libertés individuelles. Les gouvernants actuels se rapprochent des thèses extrémistes de droite et de gauche, sans doute à des fins électoralistes, trahissant ainsi une dérive inquiétante. Le choix est sans doute difficile mais il nous faudra cependant voter, pour les raisons évoquées plus haut et pour un candidat qui nous apparaitra comme « le mieux disant » et ceci en toute objectivité et liberté, selon ses convictions spirites ou non et sans pression de quiconque.
Je ne saurai terminer sans une note d’espoir… nonobstant ce que pensent certains pessimistes, la pensée humaine a progressé dans le sens du « bien » même si les apparences montrent, à juste titre, le contraire…il suffit de comptabiliser ces millions d’associations humanitaires et caritatives à travers le monde, ces renversements de régimes dictatoriaux et ces mobilisations de sensibilisations qu’elles soient d’ordre sociales, environnementales, d’entraide en faveurs d’individus démunis, en difficultés de tous ordre ou tout simplement victimes d’un fait divers tragique. Cessons donc de ne voir que l’aspect tragique de notre monde…notre devoir en tant que spirite passe aussi par la nécessité de croire en une amélioration des hommes car comment les aider si l’on n’est pas soi-même résolument optimiste.