Allan Kardec a en effet bien démontré les contradictions du dogme concernant l'enfer et le purgatoire. Il a cependant à notre avis trop insisté sur le principe expiatoire d'épreuves à subir pour réparer ses fautes. C'était une façon de traduire l'évolution qui était propre à son époque, dans des milieux spirites qui étaient encore très marqués par le catholicisme. Il était sans doute nécessaire de présenter les choses ainsi, y compris de la part des esprits, pour donner une idée de la justice divine et tenter d'expliquer les misères du monde. <BR>Mais le spiritisme a évolué, ce qu'Allan Kardec avait lui-même prévu dans sa grande lucidité, disant que si un principe devait être révisé à la lumière de nouvelles connaissances, il faudrait alors le rectifier. C'est ce qui s'est passé concernant ce principe trop caricatural des épreuves et expiations. <BR>De longue date déjà, ces principes ont été revus et corrigés à la lumière de nouvelles expériences et séances. On s'est rendu compte que chaque esprit porte en lui ses propres remords, sa propre mauvaise conscience, ses propres turpitudes. Ce en quoi il n'a pas besoin d'une justice immanente pour faire les comptes de ses mauvaises actions et des réparations qui devront s'en suivre. La justice, il la porte en lui, lorsque prenant conscience de ce qu'il est, une fois franchies les portes de l'au-delà, il trouve dans sa conscience tous les éléments pour se juger lui-même et éventuellement pour mesurer toutes ses inconséquences terrestres. Il s'agit alors d'un bilan, qui peut être fort douloureux, et dans ce cas, l'esprit sera amené à projeter une nouvelle incarnation, non pas pour expier, mais pour tenter de faire mieux dans le long apprentissage de l'amour. Il n'y a pas de dettes à payer une à une, mais une conscience amoureuse à développer, ce qui demande bien des vies. En cela, les vies successives représentent une addition d'expériences plus ou moins heureuse ou malheureuses, le malheur n'étant que le résultat d'une absence d'amour qui confère à tous les actes engendrés par l'égoïsme et par l'orgueil. <BR>La justice immanente est donc intégrée dans toutes les consciences aussi petites soient-elles, c'est ainsi que chaque esprit porte en lui ses propres souffrances, ses malheurs ou ses bonheurs.<BR>Il n'y a pas "une repentance qui attendrirait Dieu", car Dieu n'est pas comme une père qui regarderait ses enfants avec attendrissement. La vraie repentance concerne l'auteur du mal et ses victimes. C'est alors que le pardon de la victime devient l'acte d'amour susceptible d'entraîner l'auteur du mal sur ce même chemin de l'amour.<BR>"Que ta main droite ignore ce que ta main gauche donne", c'est une phrase à retenir et qui va dans le sens du désintéressement et donc de l'amour vrai.<BR>