Dieu serait-il comptable ?
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Bonjour.<BR><BR>Meilleurs vœux.<BR><BR>Pour une part des épreuve, dans « Le Ciel et l’Enfer », l’auteur insiste sur les difficultés vécues en guise de réparation pour les fautes commises dans d’autres incarnations. Vous aussi, répondez souvent sur ce forum à ce sujet, car cela semble être un des grand principes du spiritisme, incontournable.<BR><BR>Dans ce dernier livre cité ci-dessus, Allan Kardec argumente longuement la supériorité morale du principe de réparation des fautes, en rupture avec les principes de damnation, de vie unique, de purgatoire, de l’Eglise Catholique. Il est d’ailleurs très habile pour démontrer les contradictions logiques des dogmes de l’Eglise au sujet du purgatoire et de l’enfer.<BR><BR>Jusque maintenant, j’adhère assez bien ce principe.<BR><BR>Seulement, l’absolutisation extrême (exprimé par Allan Kardec) de ce principe expiatoire m’est insupportable, faisant fi du pardon divin. L’idée de la pratique de l’amour gratuit comme expiation, m’est tout aussi insupportable. <BR><BR>Tout d’abord, la comptabilité serait fastidieuse. Pour chacun des milliards d’individus, il faudrait lui faire vivre une épreuve hiérarchisée pour chaque faute commise, même la plus petite, insiste Allan Kardec. Le pardon n’existerait pas, ou très peu, dans la justice divine (même si ce même pardon nous serait demandé, en tant qu’humain ou qu’esprit ! )<BR><BR>N’y aurait-il pas de place pour le hasard ou la fatalité ? <BR><BR>Ensuite, pour les plus grandes épreuves, la dérive en serait la justification de l’exagération de l’injustice social, qui laisserait mourir de faim, ou faute de soins, puisque ceux qui souffrent l’aurait TOUJOURS mérité, ou choisi.<BR><BR>Enfin, pour grandir, ou éviter les épreuves, on présente aussi l’amour gratuit « Agapè ». Seulement, si on aime pour grandir soi-même, ou à visée expiatoire, l’amour gratuit n’est déjà plus gratuit, est-il encore de l’amour, au sens évangélique du terme ?<BR><BR>J’aurais préféré aimer pour rien, gratuitement, sans raison, parce que je veux vivre dans l’amour perpétuel, même si c’est tout un programme.<BR><BR>Que pensez-vous des paroles psalmiques (d’un psaume biblique), de quatre mille ans : « Ce qui plait à Dieu, c’est un coeur brisé et broyé » (c’est à dire une véritable repentance, qui attendrirait Dieu vers le pardon devant une faute commise)<BR><BR>Que pensez-vous de la parole de l’Evangile « Que ta main droite ignore ce que ta main gauche donne ? », et, au niveau de l’amour : « Occupez-vous d’abord du Royaume de Dieu (C’est à dire « aime »), et tout le reste vous sera donné en surcroît ». , où Jésus ferait allusion aux soucis de la vie, donc, aussi, par extension, à la possibilité des épreuves à vivre.<BR><BR>Bien à vous.<BR><BR>Jean-Marc
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Allan Kardec a en effet bien démontré les contradictions du dogme concernant l'enfer et le purgatoire. Il a cependant à notre avis trop insisté sur le principe expiatoire d'épreuves à subir pour réparer ses fautes. C'était une façon de traduire l'évolution qui était propre à son époque, dans des milieux spirites qui étaient encore très marqués par le catholicisme. Il était sans doute nécessaire de présenter les choses ainsi, y compris de la part des esprits, pour donner une idée de la justice divine et tenter d'expliquer les misères du monde. <BR>Mais le spiritisme a évolué, ce qu'Allan Kardec avait lui-même prévu dans sa grande lucidité, disant que si un principe devait être révisé à la lumière de nouvelles connaissances, il faudrait alors le rectifier. C'est ce qui s'est passé concernant ce principe trop caricatural des épreuves et expiations. <BR>De longue date déjà, ces principes ont été revus et corrigés à la lumière de nouvelles expériences et séances. On s'est rendu compte que chaque esprit porte en lui ses propres remords, sa propre mauvaise conscience, ses propres turpitudes. Ce en quoi il n'a pas besoin d'une justice immanente pour faire les comptes de ses mauvaises actions et des réparations qui devront s'en suivre. La justice, il la porte en lui, lorsque prenant conscience de ce qu'il est, une fois franchies les portes de l'au-delà, il trouve dans sa conscience tous les éléments pour se juger lui-même et éventuellement pour mesurer toutes ses inconséquences terrestres. Il s'agit alors d'un bilan, qui peut être fort douloureux, et dans ce cas, l'esprit sera amené à projeter une nouvelle incarnation, non pas pour expier, mais pour tenter de faire mieux dans le long apprentissage de l'amour. Il n'y a pas de dettes à payer une à une, mais une conscience amoureuse à développer, ce qui demande bien des vies. En cela, les vies successives représentent une addition d'expériences plus ou moins heureuse ou malheureuses, le malheur n'étant que le résultat d'une absence d'amour qui confère à tous les actes engendrés par l'égoïsme et par l'orgueil. <BR>La justice immanente est donc intégrée dans toutes les consciences aussi petites soient-elles, c'est ainsi que chaque esprit porte en lui ses propres souffrances, ses malheurs ou ses bonheurs.<BR>Il n'y a pas "une repentance qui attendrirait Dieu", car Dieu n'est pas comme une père qui regarderait ses enfants avec attendrissement. La vraie repentance concerne l'auteur du mal et ses victimes. C'est alors que le pardon de la victime devient l'acte d'amour susceptible d'entraîner l'auteur du mal sur ce même chemin de l'amour.<BR>"Que ta main droite ignore ce que ta main gauche donne", c'est une phrase à retenir et qui va dans le sens du désintéressement et donc de l'amour vrai.<BR>
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