Bonjour,
Il y a pratiquement toujours un moment de trouble à l'instant de la mort, aussi infime soit-il dans quelques cas, mais un trouble, profond ou léger, qui correspond au changement d’état. Il est donc naturel d’être perturbé lorsque disparaît le point de repère corporel pour se retrouver dans un état dépourvu de matière. Cette transition-là n’est pas effective chez une personne qui vit une EMI, car son lien au corps physique n’est pas rompu. Il n’y a donc pas ce même rapport au détachement total d’un corps physique qu’est la mort, le choc n’est pas du même ordre puisqu’il n’y a pas rupture vitale.
Lorsque le passage de vie à trépas se passe au mieux, il ressemble effectivement à une EMI, mais à cette différence près que l’esprit ressent plus ou moins qu’il a perdu la vie, ou en tout cas il a une sensation étrange d’anomalie se demandant s’il est réellement mort. Et c’est quand il a franchi le tunnel qu’il en a la totale certitude.
Pour ce qui est d’assister à son propre enterrement, de ressentir les peines des siens, de les voir ou les percevoir dans leur vie quotidienne, même dans un état de trouble, c'est une situation qui peut arriver, mais dans ce cas cela augmente l’angoisse du décédé qui, justement, ne sait plus s’il est mort ou vivant, veut cependant se croire vivant puisqu’il perçoit des choses de la vie, et en même temps sent bien que quelque chose ne va pas. Le trouble c’est parfois aussi cela.
Il n’y a pas cette même anxiété chez un experienceur d’EMI, parce qu’il n’y a pas cette angoisse de mort, il est dans un dédoublement souvent très conscient et il sait qu’il n’est pas mort, même si son corps est très mal en point. C’est donc une expérience très différente de celle de la mort réelle. On parle ainsi de « mort imminente » mais la vie est toujours bien là.