Bonjour Claudine, la tristesse vous habite et pour être omniprésente, elle fait place à la détresse, elle fait place au doute et vous êtes désemparée, vous ne savez plus, vous ne comprenez plus. Cela ne peut que se comprendre car l'amour que vous portez à votre fils est resté intact et souffre d'une réalité quotidienne: le manque, ce besoin de présence, ce besoin de mots, ce besoin de geste, ce besoin de vie.Un vide que vos certitudes philosophiques ne comble pas par absence de preuves. Sans doute réagirai-je de la même façon en votre cas, en vos réflexions, en votre trouble.<BR>1)Il est certain que de nombreuses rencontres actuelles sont le résultat de passés antérieurs, il est certain que le cas de figure que vous évoquez, que vous projetez est un cas sans doute courant et il est simultanément certain que nous n'en ayons pas conscience, par oubli du passé.Dire que notre esprit le sait et qu'en ce sens des rencontres se traduisent en quiétude, en bonheur avec le sentiment de poursuivre quelque chose déjà commencé, que sans se connaitre on se reconnait, n'apaisera bien évidemment pas votre tourment.<BR>2)Sur cette réalité de la survivance,sur cette philosophie de la vie construite à partir de faits qui se sont répétés dans l'histoire, qui ont été étudiés, qui ont entrainé de nombreuses observations, études et expériences, les critiques ou peut-être plus précisément les regrets, les espoirs se traduisent toujours par les mêmes questions. Pourquoi nos chers disparus, pourquoi face à nos larmes intarissables, puisqu'ils vivent, ne nous le font-ils pas savoir? Pourquoi tout un chacun ne les voit-il pas, ne les entend-il pas? pourquoi leurs fantômes, leurs corps éthériques ne nous apparaissent-ils pas?, pourquoi pas de signes palpables, tangibles? Pourquoi certains et pas d'autres?<BR>Tous ces pourquoi ont leurs réponses à travers les multiples écrits d'hier à aujourd'hui, mais ces réponses ne rentrent plus dans la logique du chagrin qui domine, qui obsède.<BR>J'ai déjà tenté de vous l'expliquer, Claudine et je suis certaine que votre fils est très loin d'être insensible à votre douleur, à votre détresse et qu'en effet si TOUS les esprits pouvaient en réponse de leur présence, de leur survivance et de leur amour se manifester à TOUS ceux qu'ils continuent d'aimer et qu'ils vient souffrir, ils le feraient. Il est donc des conditions, il est donc des facteurs, des Lois régissant le possible de la manifestation. Lorsqu'une partie de ces paramètres sont réunis, existent alors des signes sensibles, lorsque les nouvelles conditions des esprits répondent à l'état de trouble, existent des manifestations anarchiques, répondant à l'addition des énergies empreintes de matérialité mais toute l'histoire du spiritisme démontre que pour l'obtention du fantôme matérialisé, pour l'obtention de messages personnalisés ayant valeur de preuves, il faut une addition d'énergies faisant intervenir les esprits, un ou des médiums et des participants.Et pourtant,Claudine, je crois me souvenir qu'une voyante-médium vous a apporté de nombreux éléments troublants.<BR>3)Oui, Claudine au regard de milliers de témoignages, l'esprit se retrouve facilement en son éternité. Est-ce-à-dire que ses sentiments, que son amour, que son passé soient annihilés face à cette nouvelle dimension de son esprit? Bien sûr que non et une fois de plus l'histoire spirite est aussi imprégnée de ces multiples manifestations du sentiment et de sa durée, de sa perpétuité. Ce n'est pas l'au-delà qui interdirait la manifestation de l'amour, encore moins Dieu pour reprendre une appellation controversée. Le possible de la communication, l'effacement des frontières entre la vie et la mort, la réponse aux nombreuses questions existentielles est justement donnée, permise par cette Force Causale et Amoureuse appelée Dieu en nos sociétés, la réponse est apportée par le spiritisme naissant, éclairant les consciences en recherche, apaisant les angoisses au nom de l'éternité. Cette possibilité éclot au 19è siècle et comme toute découverte, elle répond à des Lois, à des constances, oserai-je ajouter à des consciences. Et sur cette planète où le mal et la matière dominent encore trop, il faut lui donner le temps de transformer progressivement les consciences, afin qu'elles s'ouvrent dégageant ainsi un fluide différent,une énergie nouvelle propice à cette réalité spirituelle existant et vibrant autant en nous qu'au-delà.<BR>Ne taxez pas votre fils de répondre à l'oubli, ne lui en voulez surtout pas de ne pas vous apporter ce que vous escomptez, ne le jugez pas responsable et au fond de votre âme, vous savez très bien qu'il ne peut émaner de lui ce sentiment d'abandon.<BR>il résulte de votre témoignage, Claudine que vos certitudes philosophiques et spirites ne vous apportent pas la quiétude face à cette absence, ne vous apportent pas la paix et cependant savoir que la mort n'existe pas, savoir qu'en effet même si cela est très loin d'être la majorité, des mères, des pères, des enfants, des amis ont pu obtenir des témoignages évidents de cette survivance de l'âme, que la porte et la réflexion que vous avez ouvert sur l'éternité, même si elle ne vous a pas encore aveuglée de sa lumière, demeure une porte entrouverte qui à mon sens et tout en respectant les pensées de chacun, éclaire plus que celle qui ouvre sur le néant et la fin de la matière comme du sentiment.<BR>Affectueusement à vous