Bonjour,
Nous ne sommes pas les seuls à émettre quelques réserves concernant les descriptions contenues dans Nosso Lar. Il y a aussi de nombreux groupes et spirites brésiliens qui trouvent ces descriptions un peu trop naïves, des gens qui cependant gardent toute leur estime pour Chico Xavier, tout en précisant que dans son oeuvre médiumnique, il y a des choses beaucoup plus intéressantes notamment dans tout ce qui est plus littéraire et poétique. Ces spirites brésiliens qui ont pris leurs distances avec un spiritisme teinté de religiosité, en arrivent à peu près aux mêmes conclusions que nous, à savoir qu'il y a des visions trop simplistes et caricaturales sur lesquelles il faut réfléchir, pour mieux comprendre les réalités de l'au-delà. Et ces spirites-là, tout comme nous, se rendent compte de par leur propre expérience, que l'au-delà n'est pas ainsi cloisonné et que la vie des esprits ne ressemble en rien à une quelconque vie organisée qui serait comme un calque de la vie terrienne.
En outre dans Nosso lar, il faudra bien faire la différence entre le film et le livre. Il semble que le film aborde bien une certaine réalité psychologique du passage pour l'esprit qui s'interroge sur sa vie. Je n'ai pas vu ce film, mais j'ai lu le livre davantage tourné sur le milieu ambiant de l'autre monde. Et là, on est bien obligé de voir une transposition de la vie terrestre comme s'il s'agissait d'un monde parallèle avec ses activités quotidiennes (alors qu'il n'y a pas de quotidien dans l'autre dimension), des activités qui ressemblent étonnamment aux nôtres, jusqu'aux journées de travail et activités diverses dans la rue ou dans un hôpital.
Vous envisagez des "colonies d'esprits supérieurs". Pourquoi faudrait-il parler de "colonies" terme impropre pour suggérer un état spirituel qui ne peut pas se suffire de représentations qui seront à l'image de notre vie terrienne. Les esprits supérieurs créent, échangent, se réunissent, enseignent, découvrent, guident des humains. Et il ne faut surtout pas chercher à leur créer un environnement à partir de nos propres représentations. Nos représentations ne seront que des images beaucoup trop influencées par nos modes de vie physique, et c'est là que l'on peut se tromper en voulant imaginer ce qu'est l'au-delà. Nous serons plutôt dans un domaine de l'inimaginable par rapport à nos représentations trop réduites. Et dès que l'on veut se faire une idée de l'autre monde, on le réduit à nos propres schémas, à nos propres conditionnements d'incarnés, n'ayant pas l'imagination suffisante pour nous représenter réellement la vie désincarnée.