Bonjour,
Tout être humain a une conscience individuelle qui se traduit dans un rapport aux autres, souvent dans ce besoin de reconnaissance que vous évoquez. C’est donc l’ego, caractérisé par une certaine estime de soi, pouvant aussi se manifester par l’orgueil.
En spiritisme, il n’est pas question de réfuter cette réalité, il n’est pas question non plus de tendre à effacer l’ego pour le dissoudre dans le grand tout d’un nirvana futur. La juste proposition spirite contenue dans ce que vous avez lu, est de dire que les esprits supérieurs gardent leur personnalité, leur grandeur d’âme n’a pas supprimé leur ego, mais la transcendance de l’amour qu’ils portent a pris le pas sur le besoin de reconnaissance. C’était tout le sens du message chrétien, c’est tout le sens du message spirite, même si cela n’est pas explicite dans les ouvrages spirites que vous avez lus. On sait cependant de façon implicite que l’existence d’un ego peut être synonyme de frustrations, de complexes d’infériorité ou de supériorité, de souffrances affectives, de relations difficiles avec les autres, et donc d’un besoin de reconnaissance inassouvi. L’orgueil peut naître de tout cela, car dans les relations humaines à notre niveau terrien, on est encore dans le rapport dominants-dominés, avec des conflits d’intérêts où l’individualisme l’emporte sur la générosité, là où égoïsme et orgueil marchent de pair.
Le sens chrétien ou spirite, dépasse cet état de fait pour mener l’humain au-delà de lui-même, vers un oubli du moi au profit de l’autre, indiquant le sens de l’amour du prochain traduit par des mots comme partage, tolérance, sentiment, charité, égalité, justice, etc.
L’idée évolutive n’est donc pas de supprimer l’ego, mais de lutter contre l’égoïsme et l’orgueil, dans une ouverture aux autres, dans une marque d’intérêt pour ce qui n’est pas nous-même ; une marque d’intérêt pour d’autres personnes, voire pour tout l’humanité. C’est tout le sens de la phrase « aimez-vous les uns les autres ». Il s’agit alors d’un dépassement de soi qui ne s’obtient pas du jour au lendemain, ni même en une seule vie. C’est par la réincarnation que l’on progresse sur ce plan, à partir d’un intellect et d’un sentiment (le cœur et la raison) qui se développent au fil du temps, au fil des vies, pour atteindre une capacité naturelle à aimer, en dehors de tout calcul lié au besoin de reconnaissance.