Il demeure possible que l'esprit de votre enfant ait retrouvé sa liberté dans l'autre monde pour envisager une nouvelle incarnation après cette rupture d'une vie trop courte. Mais il se peut également que votre légitime souffrance l'ait retenu auprès de vous dans une forme de trouble. Dans la douleur qui vous étreint, il nous est bien difficile de vous demander de faire votre deuil, mais c'est pourtant la seule perspective envisageable pour votre bien et pour le bien de l'esprit de votre bébé, car en toute hypothèse, il souffre peut-être lui aussi de votre propre souffrance. Il vous faut donc admettre au moins que son esprit doit poursuivre son évolution dans la sérénité, et pour ce faire, malgré votre détresse, il vous faut penser à lui dans le sens de sa liberté retrouvée, une liberté qui ne signifie pas l'abandon, mais la sérénité d'un esprit qui a besoin de se retrouver. Il nous faut toujours, et c'est difficile, penser au bonheur de l'esprit qui nous a quitté, dans l'acceptation d'un détachement, avec cette conviction que l'amour se perpétue dans l'éternité des vies, que celles et ceux qui s'aiment se retrouvent toujours. Ainsi donc, si vous en trouvez la force, priez pour votre enfant, pour sa liberté et son bonheur, et ce sera votre façon de continuer à l’aimer, non plus dans un souvenir trop douloureux qui pourrait le retenir, mais dans l’espérance de son bien-être au-delà, et dans la certitude de votre continuité éternelle en Dieu.