Comme indiqué récemment sur ce forum, nous n'avons pas lu ce livre. <BR>Il est erroné de dire que Dieu a fait souffrir ces femmes, comme s'il s'agissait d'une volonté divine sciemment orientée dans le sens de la souffrance. La souffrance est certes le lot de nombreuses vies sur cette Terre, parce que dans l'ensemble, il y a un manque d'évolution générale dans la collectivité humaine. Ce manque est synonyme d'ignorance, d'orgueil, d'égoïsme et d'absence d'amour. Ces défauts principaux interagissent d'un humain à un autre, d'un groupe à un autre et même d'un pays à un autre, entraînant des souffrances qui ne sont pas inéluctables lorsqu'il y a quelques lueurs de conscience et d'amour. <BR>Dans les desseins divins, il y a cependant une chose incontournable, c'est que nous avons été créés simples et ignorants, et qu'à partir de cela, les premières incarnations (sur des mondes inférieurs au nôtre et jusqu'au stade terrestre), représentent une découverte de soi et des autres dans un apprentissage pénible qui peut passer par des phases douloureuses, parce que les êtres ne sont pas de façon innée, intelligents et aimants. On a pu dire que cela correspondait à des épreuves envoyées par Dieu, mais il serait plus juste de dire que cela fait partie de la nature imparfaite des êtres qui peuvent et doivent cependant évoluer, au travers de ces phases difficiles où la conscience, la liberté et le sentiments, doivent progressivement se développer n'étant pas des données innées et immédiates.<BR>Concernant Thérèse d'Avila et autres personnages ayant vécu le même type de choses, de mémoire, il me semble que ces femmes ont subi certains phénomènes comme lévitations, stigmates, etc., des phénomènes qui peuvent être inhérents à une sensibilité médiumnique naturelle. Je suppose, puisque vous parlez de souffrances, qu'il s'agit d'autre chose, à savoir les souffrances que ces personnes s'infligeaient elles-mêmes volontairement en offrande à Dieu et "pour sauver des âmes" selon ce que vous avez lu. Cela fut très répandu chez les religieux et les mystiques chrétiens. Quant à dire que ces auto-flagellations et autres tourments volontaires, correspondraient à un dessein divin en vue de sauver des âmes, il y a un grand pas que nous ne franchirions pas. Il s'agit là d'une conception mystique essentiellement catholique, qui aux yeux des esprits n'a aucune valeur, et même pour la plupart des catholiques d'aujourd'hui, cette conception est archaïque. <BR>S'il existe des esprits dans le trouble qui ont besoin d'aide (et il en existe), ce n'est pas par ce genre de souffrances volontaires qu'il s'en porteront mieux. Ces esprits ont simplement besoin que l'on pense à eux, que l'on prie pour eux, en d'autres termes qu'on les aime, qu'on leur pardonne éventuellement et que par force de nos pensées aimantes, on les propulse vers la réalité vraie de leur au-delà. Tout autre rituel magique, et l'auto-flagellation en est un, ne reste qu'un acte physique dénué de sens et qui ne fait qu'ajouter de la souffrance, comme s'il n'y en avait pas suffisamment comme cela. De grands mystiques se sont trompés en toute sincérité, dans leur foi, dans leur recherche du divin, en s'infligeant des souffrances inutiles, ne servant ni à leur avancement ni à celui d'autres âmes.<BR>Si l'évolution, au stade humain, passe encore par la souffrance, cela ne doit pas engendrer la résignation de je ne sais quelle épreuve à subir. Il faut au contraire lutter par tous les moyens contre les facteurs de souffrance, qu'il s'agisse des avancées de la médecine, des luttes sociales, humanistes, humanitaires et autres. Et concernant l'aide que l'on peut apporter aux esprits souffrants, les spirites jouent leur rôle et invitent chacune et chacun à prier pour leurs proches décédés afin de s'assurer de leur rapide libération, parce que la mort n'est pas toujours un passage évident pour tout le monde. <BR>Quant au "sentiments d'amour pour Dieu", quant aux "adorateurs du Seigneur", il s'agit encore là d'une certaine conception mystique qui ne s'accorde pas totalement aux principes spirites. On peut certes dans l'intimité prier Dieu et se ressourcer dans la méditation, même si nous ne pouvons réellement appréhender Dieu. <BR>On pourrait écrire plusieurs pages pour commenter vos questions, mais je m'arrête là et vous renvoie aux rubriques du forum où vous trouverez d'autres explications. Il y a d'ailleurs une rubrique "Dieu" où vous trouverez certainement d'autres éclaicissements spirites à vos questionnements.