Vos deux dernières phrases sont très intéressantes. Il y a effectivement ce problème : la médiumnité est souvent considérée comme le moyen d'être reconnu, de la part de personnes qui, compensant un complexe d'infériorité par un complexe de supériorité ( c'est l'abc de la psychologie), pensent avoir trouvé la solution pour enfin devenir "quelqu'un". Et si en plus c'est pour devenir exceptionnel par rapport aux autres, vous aurez alors tous les ingrédients d'un orgueil qui a pu compenser allègrement un complexe d'infériorité. Cela n'est qu'un profil parmi d'autres, bien entendu, car tout vrai médium qui n'a pas besoin de cela pour affirmer sa personnalité, a surtout conscience de la difficulté à assumer de sa faculté. <BR>Donc, pour reprendre votre terme, beaucoup de gens ont besoin de "reconnaissance". Cela étant, c'est une particularité normale de la nature humaine, mais l'on se fait reconnaître par ce que l'on est dans sa personnalité, la médiumnité n'étant qu'une circonstance qui n'a pas à servir de faire valoir. <BR>Il n'y a pas plus de médiums potentiels aujourd'hui qu'hier, il y a simplement une grande confusion entretenue par les modes actuelles dans les milieux de la spiritualité. Du rêve prémonitoire à la télépathie en passant par quelques visions imprécises, on se pense tout de suite médium, parce que l'on a vu des choses similaires dans quelque littérature ou parce qu'un voyant professionnel vous l'a révélé, ce qui est chez certains une manie avec tous leurs clients. La reconnaissance de l'au-delà ne passera pas par toutes ces médiumnité autoproclamées ou annoncées, dans la mesure où les personnes concernées sont en général de peu de réflexion, ne s'arrêtant qu'à une phénoménologie possible en l'absence totale de réflexion métaphysique. Le spiritisme passera avant tout par la philosophie, ce sur quoi Allan Kardec insistait déjà en son temps. Ensuite, un spirite conséquent peut être appelé à devenir médium pour apporter sa pierre à l'édifice. C'est uniquement dans ce sens qu'il faut voir l'évolution du spiritisme. <BR>