Hé bien, cher Lapin, je ne vois pas bien où vous voulez en venir. Vous dites que le spiritsime est une révélation, et en même temps vous parlez de prétendues preuves scientifiques datant de deux siècles (non, preuves successives depuis un siècle et demi, soyons précis). Si concernant le passé, vous remettez en cause les expériences de Delanne, Geley, Crookes, et tous les autres, alors par la même occasion, dans un autre domaine, rayez de la carte Pierre et Marie Curie, Albert Einstein, Bequerel et les autres. N'importe quel domaine de recherche, s'il oublie son passé est voué à sa perte, car si "du passé nous faisons table rase", nous y perdrons notre âme. Il n'y a pas de relativité de la preuve en fonction de convictions personnelles, parce que ces preuves, lorsqu'elles existent, ont été obtenues par un travail collectif pour être mises à la dispositoion de tous. A la suite des expériences d'ectoplasmie dont l'âge d'or s'est terminé vers 1930, il y eut le manifeste des 34, signé par de grands noms de la science dont certains sont passés à la postérité. Les faits étaient attestés, non pas en fonction de convictions personnelles, mais en fonction d'expériences observées qui ont fait l'unanimité. Tous les signataires ne concluaient pas nécessairement à l'existence des esprits, mais au moins attestaient de faits vécus et observés, des faits inexplicables par une science rationnelle. Voilà une bonne démarche, qui ne se souciait pas des convictions de chacun, mais qui solidairement, était là pour attester de faits indubitables. C'était déjà un "consensus" minimum puisque vous employez ce terme. <BR>Quant aux esprits de personnes qui furent connues sur Terre, comme Bourvil ou Piaf, y aurait-il un autre consensus pour dire que les artistes auraient par trop démérité, au point de n'avoir pas leur place dans l'au-delà ? Devrait-on, après les avoir aimés ou admirés sur Terre, les rabaisser à des esprits légers et sans consistance ? Un esprit d'artiste serait-il donc indigne de devenir guide, indigne de vivre pleinement son au-delà et de continuer à créer et partager dans l'autre monde ? Ce type de controverse sans objet me fait penser à la manière dont les artistes étaient considérés au Moyen Age : de simple bouffons, juste là pour amuser la galerie et faire passer un bon moment aux nobles qui les considéraient avec une condescendance bienveillante, tout en ne leur accordant qu'un rôle d'esclave. <BR>Donc, si l'on vous suit bien, vous et d'autres, négligeons alors les esprits des artistes, et pour faire bonne mesure, il nous faudra aussi négliger les artistes incarnés. Triste programme... Et vous parlez d'humour ! En considérant peut-être que l'humour n'a droit de cité que sur Terre et ne sied pas aux esprits désincarnés. Alors oui vraiment, quel triste programme...<BR>