Le spiritisme n'a d'intérêt que s'il débouche sur une connaissance philosophique susceptible de donner tout son sens à la vie présente. Et de fait, c'est le cas. Depuis Allan Kardec, une meilleure compréhension de l'autre monde nous a permis d'avoir une meilleure compréhension de notre monde. S'il ne s'agissait que de communiquer pour communiquer et pour se rassurer, nous passerions en effet à côté de l'essentiel. L'objectif philosophique est de se donner de nouveaux moyens de réflexion sur le sens de la vie incarnée, sur le sens de nos vies collectives dans une société, à partir d'une meilleure connaissance de ce qu'est l'esprit et de ce qu'il peut réaliser dans une vie, si toutefois il souhaite lui donner le sens de l'émancipation, de l'amour et de la liberté. On peut certes réaliser cela sans être spirite, mais l'on peut aussi, en tant que spirite, porter assistance par des soins thérapeutiques, libérer des esprits dans le trouble ou des mauvais esprits, agir par la prière ou force pensée en différents domaines. Et cela n'exclut pas la convivialité, les rencontres et les discussions. Vous parlez de "profiter des bons moments" et de "rencontrer des gens". Sur ce point, on ne pourrait que souhaiter à tout le monde d'avoir une vie d'échange aussi bien remplie que celle de certains d'entre nous, une vie riche de conversations et de débats tout azimut, parce que le spiritisme peut ouvrir sur tous les domaines de la vie, de l'art, de la littérature, de la philosophie, de la science, etc. <BR>Quant à l'objectif d'une appartenance spirite, il correspond à certaines convictions que l'on souhaite tout naturellement partager, parce que notre pauvre monde a besoin de sens, il a besoin de nouveaux éclairages pour évoluer autrement. C'est toujours à partir de l'idée que l'on tente de changer les choses, ce que les philosophes, les artistes, les découvreurs ou les inventeurs ont démontré dans toute l'histoire. Le spiritisme peut aussi participer à l'évolution générale, si tant est qu'il soit accepté en tant que science et philosophie. C'est à cette reconnaissance que nous travaillons, car cela pourrait ouvrir sur de nouvelles perspectives d'émancipation du genre humain dans une spiritualité humaniste retrouvée. Le combat est utopique, par définition, mais n'a-t-on jamais réalisé quoi que ce soit pour le progrès, sans qu'il y eût au départ une idée utopique ?<BR>