Bonjour Jean-Michel,
L'idée de punition est une notion à la fois sociale et religieuse, mais l'on ne doit pas la transposer au plan universel d'une justice divine. A l'idée de punition, nous substituons l'idée de relation de cause à effet. Le suicide (qui n'est pas programmé), est le résultat d'un mal de vivre qui peut avoir différentes causes. Ces causes peuvent être intimes, personnelles, dans le cas de fortes dépressions inhérentes aux état psychoaffectifs des personnes. Mais elles ont également un rapport avec l'environnement, lorsqu'il y a l'idée de l'abandon, du manque d'amour ou de l'absence de solidarité. Et en cela, il n'y a pas à condamner le suicidé, mais à essayer de comprendre ce qui a pu conduire la personne au suicide. Et nous constatons en général qu'il y a souvent une part de responsabilité pouvant revenir à un entourage inattentif. Entre la responsabilité individuelle et la responsabilité collective, la frontière est ténue : il y a des cas pour lesquels on ne peut pratiquement rien lorsque le mal-être est essentiellement dû à la nature même de l'esprit incarné qui ne parvient pas à trouver goût à la vie. Et il y a d'autres cas où l'on trouvera une part de responsabilité collective, familiale, sociale et autre.
S'il y a trouble pour le suicidé, c'est avant tout la continuité du trouble psychique existant à l'état incarné et qui a conduit au suicide. C'est en cela qu'il faut parler de relation de cause à effet : la mort n'efface pas la détresse d'un état dépressif, et le trouble incarné devient alors un trouble désincarné. Ce qui n'empêche pas cependant que l'esprit, comme dans toute autre forme de désincarnation, puisse progressivement rejoindre son au-delà, et ce, en fonction de sa nature, de son évolution, des prières faites pour lui, etc.
Le trouble est inhérent à nos natures spirituelles encore peu évoluées (sur Terre en général), c'est un état de fait, mais ce n'est en soi le signe d'une punition. Et s'il y a bien un enseignement essentiel apporté par le spiritisme, c'est que le trouble plus ou moins long vécu par certains désincarnés, n'est pas une fatalité incontournable : l'on peut et l'on doit prier, agir par la pensée pour nos décédés proches ou moins proches, afin d'abréger leur trouble, afin également de prendre un tournant nouveau dans l'évolution : celui de la solidarité entre deux mondes qui ne doivent plus s'ignorer.