Bonjour,
Veuillez m’excuser pour ma réponse très tardive.
Vous précisez que cette réponse vous a été apportée par un esprit, mais cela ne prouve rien. Dieu permet effectivement le mal, puisque le mal existe et entoure la plupart de nos vies encore bien inférieures face à l’évolution. Le fait que Dieu "laisse faire" n’est aucunement synonyme que cela est dans ses desseins, comme si cela était voulu et désiré. N’oublions pas que nous sommes des êtres libres et responsables, que Dieu nous a donné le libre arbitre de faire ou d’agir comme bon nous semble, cela est aussi une loi divine d’importance, mais qui en aucun cas ne justifie les souffrances de nos vies.
Il est absolument faux de croire que d’expier permettrait de mieux comprendre le mal effectué. Ce n’est pas parce qu’on va vivre et souffrir les malheurs qu’on a pu imposer qu’on va mieux évoluer ou qu’on changera son comportement. Punir quelqu’un qui n’a pas compris le mal fait ne l’empêchera pas de recommencer plus tard parce que justement il n’aura pas eu le raisonnement établi pour comprendre ce même mal. L’évolution s’établit sur la réflexion, la prise de conscience, qui permet effectivement de dépasser pour mieux avancer, mais pas sur la loi du talion. Considérer qu’il faut revivre ce qu’on a fait en mal est totalement anti-spirite, anti-chrétien, et totalement contraire aux lois les plus élémentaires de tolérance, de partage, de respect, d’amour, qui caractérise justement la philosophie spirite.
Quant à Jésus qui fut assassiné sur une croix, considérez-vous que lui aussi a expié comme une épreuve pour avoir fait le mal en d’autres vies ? Cela est absurde ! Pour reprendre des réponses apportées sur ce forum, si le Livre des Esprits parle n’épreuves et d’expiations, il fallait très certainement à cette époque utiliser ces termes dans des milieux catholiques du second empire, et pour une idée complètement nouvelle, aborder la morale de cette façon, afin qu'elle fût compréhensible de tous. Il y avait certes la notion essentielle d'un Dieu, mais vu d'une façon un peu trop catholique en tant que juge et comptable de toutes nos actions. La différence avec l'actualisation n'est pas si énorme, il s'agit simplement de remplacer "épreuves et expiations" par "relations de cause à effet", ce qui dans le résultat des souffrances humaines ne fait pas une grande différence. C'est seulement au niveau des causes que l'on doit s'interroger, car si toute souffrance est une expiation, tout se justifie et il n'y a pas lieu de vouloir changer quoi que ce soit à la marche du monde. Et si un jour nous périssons tous d'une déflagration atomique, il nous faudra encore dire que ce sera le prix d'une expiation collective. Et c'est justement à ce niveau collectif qu'il n'est pas possible de considérer que tout un peuple opprimé (ou massacré) par exemple, soit composé de milliers ou millions de victimes toutes soumises à la même dette. Depuis bien longtemps, les esprits sont venus rectifier ces points pour faire passer les spirites à une vitesse supérieure, non plus celle de l'acceptation et de la résignation, mais celle de la lutte contre toutes les ignorances et tous les maux.
La question 132 du Livre des Esprits explicite la notion d’expiation, elle précise :"pour arriver à la perfection l’esprit doit subir toutes les vicissitudes de l’existence corporelle, c’est la qu’est l’expiation". Il n’y a pas d’aspect punitif dans cette notion mais le parcours incontournable pour parvenir à l’état de perfection. Compte tenu de l’état d’ignorance de l’esprit nouvellement crée, cela veut dire qu’au cours de toutes ses incarnations, il sera confronté à des difficultés de tous ordres, des souffrances ,des joies , des écueils qui petit à petit le feront grandir ,évoluer en effaçant progressivement son infériorité naturelle pour faire place à la conscience et à la perfection. Quand l’esprit ajoute dans sa réponse que certains esprits font leur mission il veut dire par là qu’après s’être épuré de son infériorité l’esprit va apporter sa contribution à la création divine. Il n’y a donc pas de notion de karma qui consisterait à subir obligatoirement des malheurs et des tourments en lien avec ce que l’esprit a fait subir à d’autres en raison de son infériorité, il y a d’ailleurs une déformation de la notion de karma tel qu’il a été défini par Bouddha et qui correspond je le cite "à l’ensemble des mérites et des démérites des existences " ce qui revient à dire que les vies sont interdépendantes et qu’à chaque nouvelle vie l’esprit corrige certains aspects des vies précédentes. Le spiritisme est une philosophie évolutive, qui s’adapte à l’avancement des sociétés et des êtres qui la composent, ce qu’Allan Kardec lui-même a défendu.
Bien à vous