Bonjour,
Petite précision : en spiritisme, on ne parle jamais d’« êtres de lumière » mais d’esprits désincarnés.
Si dans un processus naturel, nous sommes contraints à nous nourrir pour survivre, au dépends des vies végétales et animales, est-ce pour autant que la vie est absurde ? Est-ce criminel de tuer une plante ? Concernant l’animal, cela se discute, et c’est d’ailleurs l’argument des végétariens que de refuser cela.
Ensuite si le crime à l’encontre d’un humain est le mal absolu, nous estimons que le fait de manger de la viande n’est pas un acte criminel. Peut-être avons nous tort de faire des distinctions entre les vies humaines, animales et végétales. C’est du moins ce que vous semblez dire. Et de fait, comme la plupart des humains, nous faisons des distinctions : nous ne sommes pas moralement consternés par l’existence d’un commerçant qui exerce le métier de boucher, mais nous sommes effarés quand les humains s’entre-tuent. Tous les humains pratiquement font cette distinction.
Concernant la souffrance perçue comme une punition nécessaire à l’évolution, c’est une notion qui transparaissait plus ou moins dans les fondements du spiritisme, mais qui a été remise en question avec les avancées du spiritisme dont les principes se sont affinés au fil du temps. La notion de relation de cause à effet se suffit à elle-même, il n’y a pas besoin de la justifier par l’idée d’une punition.
Le mal est inhérent aux premières phases de l’évolution, il est encore très présent à notre stade évolutif terrien. Et c’est par une éthique humaniste qui prône l’amour du prochain, que nous devrons progressivement nous transformer individuellement et collectivement dans la certitude que les métamorphoses sont possibles, que rien n’est figé, que le monde peut changer.
Vous n’avez « jamais vu un spirite se rebeller contre ce système ». Effectivement le spirite ne va pas se rebeller contre les principes naturels de sa survie qui nécessite une alimentation végétale ou carnée. En revanche le spirite va s’indigner contre les instincts criminels et guerriers et en appeler à une conscience pouvant conduire au sentiment et au respect de l’autre. C’est encore la lutte entre le bien et le mal, au-delà de toute fatalité. Si tout le monde avait une conception nihiliste (un peu comme la vôtre), le mal finirait par l’emporter dans l’auto destruction totale de l’humanité, mais comme il existe des gens qui croient en l’humain dans sa progression possible, cela fait l’équilibre et nous démontre qu’il existe bel et bien des forces de progrès qui si elles devenaient majoritaires, sauveraient définitivement l’humanité.
Le bien pourra un jour l’emporter sur le mal, voilà l’espérance portée par de nombreux humanistes et portée bien évidemment par les spirites.