Rêve et trouble
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Bonjour, Je vous salue pour tous les efforts qui vous faites pour répondre à nos questions.
Reprenez-moi si je me trompe :
- Quand nous "étudions" nos rêves, nous pouvons nous apercevoir de l'influence de ce que nous vivons quotidiennement sur ces rêves-mêmes : soucis, émotions telles que certaines peurs, travail, famille, environnement culturel, etc.
- Le trouble que nous vivons lors de notre décès serait aussi influencé par ce que nous avons vécu dans notre vie (croyances, culture, vie quotidienne, émotions et rancoeurs diverses), notamment lors des derniers instants passés juste avant notre mort (mort violente ou souffrance d'une longue maladie, peur de la mort...).
Ma question : Sur ces constatations, pourrait-on dire que le "rêve" du dormeur incarné ne serait que ce que l'on appelle "le trouble" vécu par un défunt ? Qu'en pensez-vous ?
Merci pour le temps que vous nous consacrez.
Thierry
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Bonjour Thierry,
Le rêve de l'incarné ne s'apparente pas totalement au trouble. Quand il s'agit des rêves classiques produit par l'imaginaire, la différence est que l'esprit dans le trouble, même s'il continue parfois à se projeter dans l'imaginaire, est aussi très souvent perturbé dans cet imaginaire, perturbé si la mort a été violente (et là c'est la perception récurrente du drame qui tourne en boucle). Et la vraie différence plus ou moins ressentie, c'est que l'esprit ressent plus ou moins confusément qu'il y a quelque chose d'anormal, du fait que le cordon est coupé avec le corps physique, qu'il ne sait plus s'il est mort ou vivant, et que s'il devine qu'il est réellement mort, il se rend compte qu'il continue de penser et qu'il est donc encore vivant d'une autre manière.
Dans la comparaison avec le sommeil, il y a un autre élément à prendre en compte : une partie des êtres humains, dans le dédoublement qui a lieu à certains moments du sommeil, va à la rencontre des esprits faisant quelques incursions dans l'autre monde. Une autre partie des humains, par manque d'évolution, ne profite pas de cette décorporation nocturne, qui ne correspondent alors qu'à des rêves classiques. Ainsi dans la première catégorie évoquée, il y a moins de risques de troubles profonds dans la mesure où les personnes connaissent déjà le chemin de l'au-delà entrevu chaque nuit. Mais il y a malgré tout ce risque dans la mesure où le changement d'état, d'incarné à désincarné, représente un certain traumatisme du moment, variable selon l'attachement à la matière plus ou moins important que l'on avait.