Propriétaire de notre vie ?
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Bonjour à tous,
J'espère que le message ci-dessous écrit il y a 2-3 jours vous est bien parvenu car resté sans réponse.
Je reviens dans votre forum après avoir entendu ce père de famille qui a mis fin à ces jours cet après midi devant l'Hotel des Impots de Créteil. Malheureusement ce que j'écrivais il y quelques jours se vérifie déjà. Je prie de tout mon coeur pour que cette âme en peine soit pardonnée au plus vite. Au plaisir de vous lire.
Merci. Jean-michel.Bonjour Jacques,
Cela fait quelques années que je ne suis venu consulter votre forum qui je vois me parait toujours aussi sérieux. Mais la controverse existe. J'y reviens ce jour car je suis choqué d'apprendre le suicide de l'épouse de notre ministre de l'Education. Cette jolie dame avait "tout" pour être heureuse, du moins en apparences.
Cela étant dit j'ai parcouru avec attention l'analyse de votre interlocuteur dans cette échange 19240 que je partage en grande partie.
nous sommes nombreux à penser que ce monde actuel provoquera de plus en plus de misère et poussera nombre d'individus à commettre l'irréparable.
je suis moi même catholique, élevé dans la croyance de Jésus qui est sensé pardonner, et rassembler les brebis égarées. Ceci sur plan religieux nous sommes bien d'accord.
Mais beaucoup de ceux qui mettront un terme à leur existence ne seront pas pour autant de mauvais esprits et auront fait le bien autour d'eux jusqu'à leur disparition. Pourquoi dans ce cas doivent ils être "punis" en demeurant dans cet état de trouble qui ajouterait à leur souffrance pendant un temps qui échappe à notre échelle terrestre ? Ou est Dieu ou Jésus dans ces moments précis ?
Il est possible que nous soyons "obligés " d'aller jusqu'au terme de notre vie mais je trouve injuste que nous n'en soyons pas en revanche "propriétaire". Un médium m'a dit un jour que le suicide est une fin programmée comme une autre.
je sais que ces sujets sont intarissables tant que les voix du Seigneur resteront impénétrables mais permettez moi de douter.
Vous remerciant
Jean-Michel -
Bonjour Jean-Michel,
L'idée de punition est une notion à la fois sociale et religieuse, mais l'on ne doit pas la transposer au plan universel d'une justice divine. A l'idée de punition, nous substituons l'idée de relation de cause à effet. Le suicide (qui n'est pas programmé), est le résultat d'un mal de vivre qui peut avoir différentes causes. Ces causes peuvent être intimes, personnelles, dans le cas de fortes dépressions inhérentes aux état psychoaffectifs des personnes. Mais elles ont également un rapport avec l'environnement, lorsqu'il y a l'idée de l'abandon, du manque d'amour ou de l'absence de solidarité. Et en cela, il n'y a pas à condamner le suicidé, mais à essayer de comprendre ce qui a pu conduire la personne au suicide. Et nous constatons en général qu'il y a souvent une part de responsabilité pouvant revenir à un entourage inattentif. Entre la responsabilité individuelle et la responsabilité collective, la frontière est ténue : il y a des cas pour lesquels on ne peut pratiquement rien lorsque le mal-être est essentiellement dû à la nature même de l'esprit incarné qui ne parvient pas à trouver goût à la vie. Et il y a d'autres cas où l'on trouvera une part de responsabilité collective, familiale, sociale et autre.
S'il y a trouble pour le suicidé, c'est avant tout la continuité du trouble psychique existant à l'état incarné et qui a conduit au suicide. C'est en cela qu'il faut parler de relation de cause à effet : la mort n'efface pas la détresse d'un état dépressif, et le trouble incarné devient alors un trouble désincarné. Ce qui n'empêche pas cependant que l'esprit, comme dans toute autre forme de désincarnation, puisse progressivement rejoindre son au-delà, et ce, en fonction de sa nature, de son évolution, des prières faites pour lui, etc.
Le trouble est inhérent à nos natures spirituelles encore peu évoluées (sur Terre en général), c'est un état de fait, mais ce n'est en soi le signe d'une punition. Et s'il y a bien un enseignement essentiel apporté par le spiritisme, c'est que le trouble plus ou moins long vécu par certains désincarnés, n'est pas une fatalité incontournable : l'on peut et l'on doit prier, agir par la pensée pour nos décédés proches ou moins proches, afin d'abréger leur trouble, afin également de prendre un tournant nouveau dans l'évolution : celui de la solidarité entre deux mondes qui ne doivent plus s'ignorer.
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