gestation pour autrui
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Bonjour à toute l'équipe du Cercle Allan Kardec.
Un homme public français (inutile de citer son nom)a fait cette déclaration :
« Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA (gestation pour autrui, NDLR) ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant. »
Que penser de cette déclaration d'un point strictement spirite ?
Merci pour votre réponse et l'ensemble de votre travail. -
Bonjour,
Concernant le mariage homosexuel et l'adoption, notre position sera sans ambigüité : voir l'article publié ce jour sur < spiritisme.com > à la rubrique "Société".Quant à une législation sur la GPA "gestation pour autrui", cela reste un sujet difficile faisant intervenir l'argent et les répercussions affectives pour la mère porteuse. Et l'on pourrait dire avec l'ancienne ministre Élisabeth Guigou et le spécialiste des questions bioéthique au PS, Alain Claeys : «La PMA n'a rien à faire dans un texte sociétal. Ce sujet relève de la médecine et de l'éthique.»
Fallait-il ajouter au texte législatif sur le mariage homosexuel et l'adoption, cet autre proposition très controversée ? Ce sera sans aucun doute faire retarder l'adoption du projet.
Cela étant, il faut distinguer PMA et GPA, dans la mesure où la "Procréation médicalement assistée" ne pose pas un problème aussi complexe que la "gestation pour autrui", et il y a quelque confusion entre ces deux modalités dans le débat d'aujourd'hui y compris peut être dans la déclaration ci-dessus d'E. Guigou et A. Claeys qui n'évoque que la PMA.D'un point de vue spirite, nous serons en désaccord total avec la déclaration que vous avez relevée, de cet homme public français. On ne peut pas comparer un travail rémunéré avec la "location d'un ventre". Qui que soit ce personnage, sa comparaison reste grotesque. La vie ne serait plus qu'une marchandise monnayable et échangeable. L'esprit réincarné pourrait être acheté et vendu... Non, c'est autrement qu'il faut poser le problème, car alors une femme dépourvue d'argent pourrait en arriver à cette extrémité pour survivre, dans une société où faute de revenus, on en viendrait faire le commerce de la vie.
Dans l'absolu, nous ne serons pas fondamentalement opposé à ce principe s'il s'agissait simplement pour une femme de faire le don préalablement choisi d'un enfant destiné à une autre, dans une preuve d'amour réciproque. Cela c'est dans l'absolu, mais dans le relatif que nous vivons, tous les débordements restent possibles et en particulier au niveau de cette marchandisation. Il reste donc aux comités d'éthique à bien cadrer un éventuel projet de loi, en tenant compte de tous les cas de figure pour justement empêcher les nombreux débordements possibles.
Notre société est-elle prête à aller aussi loin ? A moins que cela ne soit parfaitement encadré par une loi qui détermine avec précision tous les cas de figure, il me semble qu'il y aurait bien des risques à s'engager dans cette voie au vu de notre situation sociale actuelle.