16238 réponse à Etienne
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Vous dites "il n'y a pas dans l'au-delà et dans les vies futures de notion de karma, de punition, de dette par rapport à quelque chose de mal qui aurait été fait...aujourd'hui, les esprits parlent plutôt de relations de cause à effet, de répercussion naturelle de ce qu'on a fait, mais pas dans le sens punitif".
J'avoue ne pas bien comprendre...quelle est d'après vous et concrètement pour un esprit qui aurait "fauté" la différence entre ces deux notions ?
N'est ce pas là tout simplement qu'une question de sémantique pour montrer votre différence avec le bouddhisme ? -
Bonjour,
La notion de le relation de cause à effet n'implique pas "nécessairement" loin de là la punition, ou la dette, oui l'expiation. Si on tue quelqu'un, il n'y a pas de notion de dette à payer dans l'au-delà, pour être par exemple tué en retour dans une autre vie, mais la vraie prise de conscience - qui peut se faire dans la douleur aussi. On entend parfois dire : "Ces parents ont perdu leur enfant, cela est atroce, mais ils l'ont vécu parce qu'ils devaient le vivre, parce qu'ils ont peut-être été des bourreaux avec ce même enfant dans une autre vie." Cela est complètement absurde ! Cette notion de karma punitif amène inévitablement au bout du raisonnement à justifier la souffrance en paiement d'une dette antérieure.
Ainsi on entendra aussi : "Ce pauvre SDF là dans la rue, he bien je ne dois pas intervenir, parce que c'est son karma, parce que probablement il a été très riche et égoîste dans une autre vie. Alors il paie son manque d'altruisme." Et voilà pourquoi on désigne ces "intouchables" en Inde, intouchables car on ne doit pas s'occuper de ces gens dans la misère et qui doivent vivre leur karma. Alors ainsi, on laissera crever de faim un homme sous couvert de religion ou de spirituel. Le Mahathma Gandhi s'était bien élevé contre ce genre de pratique, tentant de rendre à l'homme sa dignité. Car où est le sens chrétien originel ? Où est l'évolution que l'on invoque pourtant ?
Cette notion apparaît donc totalement contraire aux principles élémentaires du spiritisme, et nous sommes donc très loin d'une simple question de sémantique avec le bouddhisme que vous citez. Les esprits ont toujours été clairs là-dessus. Le spiritisme n'a pas besoin d'afficher quoique ce soit pour se démarquer : de par nature et par essence, en tant que philosophie il a toujours été démarqué des religions de part le simple fait que ce sont les esprits et non les hommes qui en ont eux-mêmes défini le contenu et les principes. Le spiritisme n'a de lien avec le bouddhisme que dans la notion commune de réincarnation, encore celle-ci est-elle appréhendée bien différemment.
La relation de cause à effet qui est indiqué se ferait dans ce sens : retrouvailles dans une autre vie avec ses victimes ou ses bourreaux pour apprendre à aimer l'autre, à pardonner, pour simplement apprendre à évoluer car l'évolution est à ce niveau. Il ne faut pas confondre une quelconque punition divine avec l'état d'infériorité de notre planète et des êtres humains qui la composent. Il est des aléas, des accidents, des traumatismes qui n'ont aucun rapport avec un passé antérieur. Nous rencontrons des gens, qui nous aiment ou nous détestent, plus ou moins évolués. Nous les retrouverons alors très probablement en d'autres vies, pour continuer un parcours ensemble, pour régler des problèmes, accomplir des choses ensemble, etc. C'est bien en ce sens qu'il faut appréhender cette notion de cause à effet.
Bien à vous