A Sophie 15560
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Bonjour Sophie,
Je ne peux pas m'empêcher d'intervenir une nouvelle fois devant votre analyse quelque peu étriquée de la vie et des généralités toutes faites que vous avancez.
Lorsque vous dites "Les chômeurs actuels, pensez-vous qu'ils ont le temps de philosopher et de penser au suicide ?"
Mais peut-être ne suivez-vous pas l'actualité ? Il n'y a jamais eu autant de cas de suicide que ces derniers mois, avec parfois, le père ou la mère décidant de mettre fin aux jours de leurs enfants avant de se suicider derrière.
Dernièrement également, un syndicaliste a mis fin à ses jours,subissant trop de pression et de mobbing de la part de ses supérieurs. Sa dernière volonté étant que son suicide soit traité en accident de travail.
Vous trouvez que penser mettre fin à ses jours, c'est prendre le temps de "philosopher"?? A vous entendre, le suicide, c'est tout juste bon pour les "oisifs", ceux qui n'ont pas vraiment de soucis et qui ont le temps de penser à "ça".
Il y a deux semaines, mon voisin et ami s'est donné la mort. Il laisse derrière lui son épouse et ses deux enfants. Il était au chômage depuis plusieurs mois. Cet homme très actif aimait la vie et la croquait à pleines dents. Alors, voyez-vous Sophie, il ne faut pas avancer d'idées toutes faites. Chaque être humain est unique et de ce fait, réagira à sa façon devant tel ou tel événement de la vie. Il y a ceux qui vont se battre comme vous le dites mais il y a aussi ceux qui vont choisir de tout laisser tomber. Je vous invite donc à méditer sur la sollitude, sur le désespoir de ces personnes, sollitude et désespoir les ayant amenés à accomplir un tel geste, au lieu de les condamner. Cela s'appelle la tolérance.
Très bonne journée à vous tous.
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Bonjour,
Pour poursuivre, au-delà de la tolérance nécessaire que vous évoquez, il faut aussi parler d'une solidarité qui fait souvent défaut. C'est souvent l'abandon et l'indifférence des uns qui produisent la détresse et le désespoir des autres. Cela se voit à tous les niveaux que ce soit pour un travail perdu, un problème familial, un désert affectif ou une impossibilité de vivre dignement.
Il reste à poser la bonne question d'une vie en société qui deviendrait plus solidaire et donc plus humaine. Cette question nous ramène aux transformations indispensables d'une nouvelle société à construite sur un plan politique et sur le plan d'une économie plus solidaire. Qu'il s'agisse de politique à un niveau mondial ou du rapport individuel entre les êtres, c'est bien le partage et la solidarité qui doivent primer. A quelque niveau que l'on se place, notre monde souffre de l'égoïsme, de l'indifférence et de l'orgueil de certains.
Quant à comprendre la détresse du désespéré, il ne s'agit pas de juger mais bien de comprendre et d'en tirer les leçons qui conviennent concernant les responsabilités. Il y a des responsabilités collectives face à toute détresse, qu'il s'agisse de la responsabilité d'un état, d'une entreprise, d'une famille ou d'un groupe d'amis. Nous sommes tous interdépendants et les plus forts doivent apprendre à aider les plus faibles dans l'amour qui sera le seul moteur de notre évolution autant individuelle que collective.