Le silence de l'au-delà...
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Bonjour à vous tous,<BR><BR>Sur le fait que les êtres qui s'aiment peuvent choisir de se retrouver dans une autre vie, j'ai envie de dire:<BR>C'est dans cette vie-là que mon fils me manque.<BR>C'est dans cette vie-là que je le voudrais à nouveau près de moi.<BR>Finalement, retrouver l'être cher dans une autre vie, sans le savoir, sans en avoir conscience, quel intérêt ?<BR><BR>Afin que me propos paraissent moins durs, je dois expliquer mon résonnement: peut-être que mon mari d'aujourd'hui est mon fils d'une autre vie que j'avais perdu prématurément. J'ai envie de dire: dans cette vie-là, ça me fait "une belle jambe" si tel est le cas ! Car je n'ai plus le souvenir de ce fils perdu, car c'est dans l'autre vie précisément qu'il me manquait à en mourir et que j'aurais tout donné, absolument tout pour pouvoir le serrer une dernière fois contre moi et déjà, tout simplement, qu'il ne parte pas si jeune. Et voilà que ce mari, c'est tout simplement lui, et je ne le sais pas, ne le saurais jamais car, comme tout esprit qui se réincarne, j'ai tout oublié de mes vies passées.<BR><BR>Autre chose: vous soulignez très souvent que, l'esprit désincarné arrive dans l'au-delà tel qu'il était psychologiquement sur terre: traits de caractères avec ses qualités et ses défauts, état d'esprit… Alors, comment se fait-il qu'un être extrême bon, sensible, plein d'amour pour ses proches puisse s'en aller et ensuite ne plus donner de signes à sa famille qu'il a laissé derrière lui dans une souffrance terrible ? <BR><BR>Au travers de tous vos commentaires que je lis, il semblerait que tout esprit dans l'au-delà ne vit pas cette séparation comme nous, pauvres terriens qui les pleurons. Bien entendu, ils savent à ce moment-là que la mort n'est rien, juste une séparation momentanée. Cependant, qu'en est-il du manque pour eux ? N'est-il pas possible que l'au-delà tienne un peu plus compte de notre souffrance et permettent à nos chers disparus de se manifester d'une façon ou d'une autre à nous ? Car, peut-être est-ce tout simplement l'au-delà qui interdit ces contacts pour des raisons bien précises et que nous ne pouvons deviner.<BR><BR>Vous dites qu'il est possible qu'une personne puisse continuer à se manifester si tel est son désir et si elle en a la possibilité. J'aimerais savoir combien de mères ont le bonheur d'avoir une communication avec leur enfant disparu au prorata du nombre d'enfants disparaissant chaque jour ? J'ai eu un signe merveilleux et indéniable quelques jours après sa disparition et puis plus rien. Vous me direz, eh bien dit donc, de quoi vous plaignez-vous ? Eh bien oui, j'ose me plaindre. J'avais un fils et puis, du jour au lendemain, ce fils n'est plus.<BR><BR>Mon mental conçoit très bien qu'un esprit libre dans l'au-delà a une multitude de choses à faire, à découvrir, tant d'amours d'autre vies à retrouver. Mon cœur lui, déchiré, ne comprend pas d'être oublié à ce point, car après tout, nous représentons sa dernière famille de sa dernière vie.<BR><BR>Vous dites que les sentiments perdurent au delà de la mort, sentiments d'amour et d'affection qui feront que les esprits restent proches. S'ils sont si proches de nous, alors pourquoi ne nous font-ils pas ressentir leur présente par n'importe quel moyen ? Si c'était moi qui étais partie en le laissant derrière moi, je ferais tout mon possible pour être prêt de lui, l'épauler dans sa vie et lui faire sentir que je suis là, vous comprenez ? Mon fils vit, de cela j'en suis persuadée. Pour en avoir souvent parlé avec lui, il connaissait très bien mes croyances quant à la survie de l'âme. Ce qui ne m'empêche pas de souffrir atrocement aujourd'hui. Car sa présence, ici, près de nous, nous manque à tous.<BR><BR>Finalement, entre mon mari qui ne croit pas en la survie de l'âme et moi qui y adhère totalement, quelle différence au final dans le manque, dans la souffrance ? A quoi bon croire en l'au-delà ? Le fait d'y croire, est-ce que cela m'ouvre une "porte" vers le nouveau monde de mon enfant ? Il semblerait que non, alors à qui bon ?<BR><BR>Cordialement
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Bonjour Claudine, la tristesse vous habite et pour être omniprésente, elle fait place à la détresse, elle fait place au doute et vous êtes désemparée, vous ne savez plus, vous ne comprenez plus. Cela ne peut que se comprendre car l'amour que vous portez à votre fils est resté intact et souffre d'une réalité quotidienne: le manque, ce besoin de présence, ce besoin de mots, ce besoin de geste, ce besoin de vie.Un vide que vos certitudes philosophiques ne comble pas par absence de preuves. Sans doute réagirai-je de la même façon en votre cas, en vos réflexions, en votre trouble.<BR>1)Il est certain que de nombreuses rencontres actuelles sont le résultat de passés antérieurs, il est certain que le cas de figure que vous évoquez, que vous projetez est un cas sans doute courant et il est simultanément certain que nous n'en ayons pas conscience, par oubli du passé.Dire que notre esprit le sait et qu'en ce sens des rencontres se traduisent en quiétude, en bonheur avec le sentiment de poursuivre quelque chose déjà commencé, que sans se connaitre on se reconnait, n'apaisera bien évidemment pas votre tourment.<BR>2)Sur cette réalité de la survivance,sur cette philosophie de la vie construite à partir de faits qui se sont répétés dans l'histoire, qui ont été étudiés, qui ont entrainé de nombreuses observations, études et expériences, les critiques ou peut-être plus précisément les regrets, les espoirs se traduisent toujours par les mêmes questions. Pourquoi nos chers disparus, pourquoi face à nos larmes intarissables, puisqu'ils vivent, ne nous le font-ils pas savoir? Pourquoi tout un chacun ne les voit-il pas, ne les entend-il pas? pourquoi leurs fantômes, leurs corps éthériques ne nous apparaissent-ils pas?, pourquoi pas de signes palpables, tangibles? Pourquoi certains et pas d'autres?<BR>Tous ces pourquoi ont leurs réponses à travers les multiples écrits d'hier à aujourd'hui, mais ces réponses ne rentrent plus dans la logique du chagrin qui domine, qui obsède.<BR>J'ai déjà tenté de vous l'expliquer, Claudine et je suis certaine que votre fils est très loin d'être insensible à votre douleur, à votre détresse et qu'en effet si TOUS les esprits pouvaient en réponse de leur présence, de leur survivance et de leur amour se manifester à TOUS ceux qu'ils continuent d'aimer et qu'ils vient souffrir, ils le feraient. Il est donc des conditions, il est donc des facteurs, des Lois régissant le possible de la manifestation. Lorsqu'une partie de ces paramètres sont réunis, existent alors des signes sensibles, lorsque les nouvelles conditions des esprits répondent à l'état de trouble, existent des manifestations anarchiques, répondant à l'addition des énergies empreintes de matérialité mais toute l'histoire du spiritisme démontre que pour l'obtention du fantôme matérialisé, pour l'obtention de messages personnalisés ayant valeur de preuves, il faut une addition d'énergies faisant intervenir les esprits, un ou des médiums et des participants.Et pourtant,Claudine, je crois me souvenir qu'une voyante-médium vous a apporté de nombreux éléments troublants.<BR>3)Oui, Claudine au regard de milliers de témoignages, l'esprit se retrouve facilement en son éternité. Est-ce-à-dire que ses sentiments, que son amour, que son passé soient annihilés face à cette nouvelle dimension de son esprit? Bien sûr que non et une fois de plus l'histoire spirite est aussi imprégnée de ces multiples manifestations du sentiment et de sa durée, de sa perpétuité. Ce n'est pas l'au-delà qui interdirait la manifestation de l'amour, encore moins Dieu pour reprendre une appellation controversée. Le possible de la communication, l'effacement des frontières entre la vie et la mort, la réponse aux nombreuses questions existentielles est justement donnée, permise par cette Force Causale et Amoureuse appelée Dieu en nos sociétés, la réponse est apportée par le spiritisme naissant, éclairant les consciences en recherche, apaisant les angoisses au nom de l'éternité. Cette possibilité éclot au 19è siècle et comme toute découverte, elle répond à des Lois, à des constances, oserai-je ajouter à des consciences. Et sur cette planète où le mal et la matière dominent encore trop, il faut lui donner le temps de transformer progressivement les consciences, afin qu'elles s'ouvrent dégageant ainsi un fluide différent,une énergie nouvelle propice à cette réalité spirituelle existant et vibrant autant en nous qu'au-delà.<BR>Ne taxez pas votre fils de répondre à l'oubli, ne lui en voulez surtout pas de ne pas vous apporter ce que vous escomptez, ne le jugez pas responsable et au fond de votre âme, vous savez très bien qu'il ne peut émaner de lui ce sentiment d'abandon.<BR>il résulte de votre témoignage, Claudine que vos certitudes philosophiques et spirites ne vous apportent pas la quiétude face à cette absence, ne vous apportent pas la paix et cependant savoir que la mort n'existe pas, savoir qu'en effet même si cela est très loin d'être la majorité, des mères, des pères, des enfants, des amis ont pu obtenir des témoignages évidents de cette survivance de l'âme, que la porte et la réflexion que vous avez ouvert sur l'éternité, même si elle ne vous a pas encore aveuglée de sa lumière, demeure une porte entrouverte qui à mon sens et tout en respectant les pensées de chacun, éclaire plus que celle qui ouvre sur le néant et la fin de la matière comme du sentiment.<BR>Affectueusement à vous