A quoi sert la prière ? re-suite
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Cher Jacques (si ça vous ennuie de répondre sur le forum, faîtes le par e-mail, je comprends que cette question soit dangereuse, enfin, si j'ai raison...(n'ayez crainte, je n'ai nullement l'intention d'en venir là, ce n'est qu'une question).<BR><BR>Vous dîtes :<BR><BR>Lorsque l'esprit se réincarne, il ne se donne pas un temps déterminé pour accomplir ce qu'il projette. Il espère seulement pouvoir se réaliser humainement dans la relativité du temps, avec l'espérance de vivre aussi longtemps que ce sera possible. Dans la mesure où une personne est en bonne santé et peut réaliser différentes choses, même au-delà de ce que son esprit avait programmé, il n'y a pas de raison à poser une limite à un moment donné, en se disant que l'heure est arrivée.<BR><BR>Mais alors, qu'en est-il du suicide ? Moi, je pensais qu'ayant un laps de temps impératif à effectuer, le suicide était une rupture de "contrat", en quelque sorte. Ce qui fait qu'en cas de suicide, notre retour sur terre était la condition sine qua none pour terminer le travail ou/et le temps inachevé. <BR><BR>Alors, ce n'est pas le cas, apparemment, c'est étonnant, pourquoi alors, dire que le suicide est déconseillé, voir interdit ? Même pour les chrétiens, un péché grave...<BR><BR>Merci de votre gentillesse.
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Il ne faut pas se focaliser sur le temps d'une vie mais plutôt sur son contenu. Des gens peuvent vivre cent ans dans une totale stagnation, et d'autres trente ans en ayant fait beaucoup de choses. Il n'y a pas "un laps de temps impératif à effectuer", dont le suicide représenterait une "rupture de contrat", il y a simplement un temps relatif de vie plus ou moins bien rempli.<BR>Le suicide n'est pas une question de péché ou de faute grave, mais davantage un problème qu'il faut considérer en dehors de toute loi prétendument divine. Le suicidaire est souvent un être en détresse psychologique et sociale, passant par la dépression, le mal-être, le manque d'amour et le sentiment d'abandon. Il y a beaucoup de suicides dont la responsabilité incombe à un entourage indifférent qui porte sa part de responsabilité. Et dans la mesure où il y a très souvent une responsabilité collective autour d'un suicide, il serait malvenu de blâmer celle ou celui qui met fin à ses jours pour des raisons de profonde détresse dont il (ou elle) n'est pas l'unique responsable. C'est une vie qui ne va pas à son terme, évidemment, mais il y en a tant et pour d'autres raisons, qu'il ne faut pas mesurer la valeur d'une vie au temps écoulé qui ne signifie rien dans l'éternité. <BR>Il reste évident qu'après une vie de lutte et d'amour bien remplie, l'esprit de retour à l'au-delà a la satisfaction d'avoir vécu l'essentiel de ce qu'il avait souhaité. Il demeure tout aussi évident que l'esprit du suicidé peut souffrir de son échec, mais ce n'est pas pour autant qu'il lui soit impératif de se réincarner au plus vite pour rattraper le temps perdu. Le temps (après lequel nous courrons), n'a de valeur que sur Terre. Au-delà, il n'est plus qu'une valeur très relative. Pensez qu'il y a parfois des esprits qui restent dans le trouble pendant quelques dizaines d'années sans se rendre compte du temps écoulé sur Terre. Alors le temps... <BR>Il y a tant de suicidés, tant de morts brutales et prématurées, qu'il ne faut pas établir de règles concernant la nécessité d'une réincarnation immédiate ou non. Chaque esprit a son parcours antérieur, son évolution relative. Chaque esprit est particulier, ce en quoi il n'y a pas de règle générale pour dire que le suicidé devra... ceci ou cela.<BR>En spiritisme, nous sommes sorti des mauvaises caricatures religieuses pour considérer chaque esprit comme un être unique, qui a sa personnalité héritée des vies antérieures, un être qui n'est pas systématiquement condamnable pour un suicide, mais qui de toute façon avancera à son rythme sur le chemin de l'évolution, sans en mesurer le temps puisqu'il s'agit d'éternité.