quelle est ma
-
Bonjour,<BR>mon fils aîné s'est tué accidentellement au début de l'année. C'est l'épreuve la plus difficile que j'aie eue à vivre et que je continue à vivre jour après jour et qui évolue au fil des mois qui passent. Bien avant lui, c'est face au cercueuil de ma mère que je me suis retrouvée, à 22 ans, puis mes grands parents, puis mon père, il y a 3 ans(un véritable cataclysme pour moi, dans l'état d'esprit où je me trouvais alors), puis ma soeur... Je ne parle même pas des amis. <BR>Il y a 2 ans, j'ai éprouvé le besoin de voir un thérapeute pour "vider mon sac" devenu trop lour à porter. cela m'a aidée à remettre un peu d'ordre dans ma vie et commencer enfin à prendre soin de moi. Je commençais à savourer un peu les bienfaits de cette démarche lorsque j'ai perdu mon fils!!! <BR>Passé le choc de ce dramatique évènement, j'ai commencé à lire des livres sur l'au delà, de très belles histoires d'amour qui mettent un peu de baume sur mon coeur. Je pense qu'au fond, ces lectures et cette recherche spirituelle ne sont qu'un espoir de réponse à l'unique question que je me pose sans cesse: pourquoi??????<BR>Car oui, bien sûr, je suis convaincue qu'ils sont tous là, quelque part, pas très loin de nous, oui, bien sûr, nous mourons tous un jour, à l'heure qui est la nôtre, même si elle ne l'est pas pour ceux qui restent et souffrent de notre départ; mais pourquoi faut il perdre autant de gens que l'on aime? dans quel but? que dois je comprendre de tout ça? <BR>Je ne crois pas en un Dieu tel que la religion le décrit, qui aurait le pouvoir de nous imposer des épreuves sensées "réparer" nos fautes. Je crois que chaque être humain est son propre maître, mais qu'il a des choses à apprendre à travers les épreuves qu'il traverse. Perdre une grande partie des êtres que l'on aime a-t-il une signification particulière par rapport au sens de notre propre vie?
-
Bonjour Frédérique.La vie pour chacun, pour chacune sème en nos coeurs tristesse, chagrin, révoltes et fort heureusement au creux de ses vagues, joie et bonheur s'y inscrivent aussi.<BR>La question du pourquoi? des drames succéssifs ou même étalés dans le temps, est une question légitime, humaine, sans doute parce que la raison ne comprend plus ou n'admet pas.Je ne pense pas, Frédérique qu'il y ait un but ou une prédestination établie. Il est pour tous la vie, la vie sur une planète inférieure, les drames qui y sont vécus, qu'ils soient collectifs ou individuels sont le résultat de cette infériorité.Certes, chacun sait que la mort est l'issue pour tous et il est normal, logique que la forme d'absolu qui est en nous, nous fasse rêver, imaginant cette issue calme et au terme admis par notre raisonnement, c'est-à-dire en ce que nous pourrions appeler "fin de vie"(vieillesse).<BR>Il n'en est pas ainsi sur cette sphère et nos peuples ne sont pas préparés à cette acceptation des départs de celles et ceux qu'ils aiment<BR>En votre témoignage, la question pourrait être: La souffrance fait-elle avancer?A-t-elle un but, une raison d'être?<BR>Les souffrances auxquelles vous faites allusion, celles que chacune et chacun est amenée à vivre, à ressentir, entraînent souvent celui ou celle qui les vit à se poser les questions essentielles, ramène chacun à soi-même, à son propre esprit et par extension à sa propre éternité. C'est malheureusement, mais c'est ainsi le phénomène "mort" qui a suscité chez l'homme les plus grandes interrogations métaphysiques, scientifiques, philosophiques, existentielles.<BR>Faut-il apprendre à apprivoiser la mort? la rendre acceptable malgré l'âbime douloureux de la séparation?<BR>Je pencherai plus sur cet aspect des choses tant il est vrai que si les épreuves peuvent véhiculer leur lot d'enseignements , chacun est concerné sur ce globe et la signification devient alors universelle et non particulière.<BR>Votre raisonnement, Frédérique est en grande partie juste et bien réfléchi, il n'exclut pas bien entendu, la douleur. Cependant ceux que vous avez aimés perpétuent le même amour pour vous, ils ont pour la plupart un avantage certain sur nous, c'est de vivre à nouveau la condition vitale initiale, celle de l'esprit, ce qui apporte de nombreuses réponses, ce qui permet la compréhension en relativisant ce qui pour nous se traduit en échec: la mort<BR>Il est vrai que nous l'accepterions sans doute davantage et avec plus de sérénité si elle n'avait en son cortège tous les drames qui la caractérisent.<BR>Gardez l'espoir et la vie, la force et le courage. Bien à vous