Le spiritisme et la parapsychologie.
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Bonjour, <BR>Je suis en train de lire le "traité de métapsychique" écrit en 1922 par Charles Richet(1850-1935)prix Nobel de physiologie. Contrairement à de nombreux scientifiques qu'il condamne, il atteste, après les avoir étudiés scientifiquement, de la réalité de faits dits occultes, parce qu'ils sont incompris. Curieusement, il reproche aux spirites de ne pas les avoir étudiés scientifiquement mais sous un angle religieux, satisfaits de converser avec les morts, mélangeant ainsi la religion à la science, au grand détriment de la science. Il se défend de jeter le blâme sur les efforts des spirites ce qui serait, selon lui, une assez sinistre ingratitude. <BR>Après avoir lu les oeuvres essentielles d'A.Kardec que C.Richet ne pouvait pas ne pas connaître ainsi que vos écrits sur ce forum, ce reproche ne me paraît pas fondé. <BR>Selon vous, d'où viendrait ce malentendu?. Que s'est-il passé à cette époque-là?.<BR>Merci de votre réponse.
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Charles Richet connaissait bien entendu l'oeuvre d'Allan Kardec. Il connaissait aussi les spirites de son temps, surtout ceux qui avaient une approche plus scientifique et avec qui il a travaillé, comme Gustave Geley et Gabriel Delanne. Richet fut l'instigateur de la création de l'Institut Métapsychique, ce qui fut réalisé en 1919 grâce au mécénat du spirite Jean Meyer avec la nomination de Gustave Geley à la direction. <BR>Ils s'agissait donc de personnes que l'on a appelé les métapsychistes, spirites pour la plupart d'entre eux, des personnes qui ont étudié scientifiquement les manifestations de l'au-delà, ce que vous avez pu retrouver dans le "Traité de métapsychie". <BR>On commençait à cette époque à mettre en évidence le fait que certains phénomènes pouvaient être liés à l'activité subconsciente des médiums ou à de simples relations télépathiques, ce qui du reste est un aspect à ne pas négliger chez des médiums en développement. Charles Richet a beaucoup insisté sur cet aspect, tout en se rendant compte par ailleurs que les phénomènes d'ectoplasmie auxquels il assistait ne pouvaient se limiter à cette thèse réductrice. Il eut cette particularité de ne pas pouvoir se faire une conviction définitive quant à la manifestation des décédés. Il disait lui-même être bouleversé devant de telles manifestations, puis le temps passant le doute s'instaurait à nouveau au point qu'il se demandait s'il n'avait pas rêvé, mal observé, se rendant victime d'une illusion. Ce furent les propres contradictions de Charles Richet, à qui l'on doit cependant beaucoup car il a su mener des expériences de grande rigueur scientifique, et ses collègues d'aujourd'hui feraient bien de s'y reporter... <BR>S'il a reproché aux spirites une vision un peu trop religieuse, c'est parce que l'aspect philosophique n'était pas sa priorité, pensant que la démonstration scientifique était primordiale. Cela dit une vision un peu trop religieuse du spiritisme s'est développée depuis, mais c'est un autre sujet...