question 21640
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Bonjour à toutes et tous, je voulais revenir sur un sujet abordé l'an passé (Question 21640)
Nous vivons dans une période douloureuse où la perte de repère est évidente. Le besoin d'autorité est important et les français en demandent (voir les sondages récents).
Les esprits nous invitent à vivre en paix les uns avec les autres (et je crois que nous sommes tous d'accord pour aller dans cette voie) mais la nature humaine est complexe.
Le mélange de culture est une très bonne chose pour chacun d'entre nous mais je crois que les politiques ont très mal géré cela ces 30 dernières années en autorisant tout et n'importe quoi.
Pour bien intégrer les étrangers et les différences, je pense que nous devons justement "gommer" ces différences qui mettent de la distance entre nous.
Ambroise de Milan a dit : "si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi" (Si tu es à Rome, vis comme les Romains; si tu es ailleurs, vis comme on y vit). Ne pensez-vous pas qu'il s'agit de la recette d'une bonne intégration et assimilation.Moi, j'aimerais que nous soyons tous égaux, que nous vivions dans la fraternité mais n'est-ce pas une utopie?
J'ai toujours voté à gauche (et même communiste au début des années 2000) mais plus ça va, plus je pense que la politique d'immigration n'est pas la bonne.
Comme beaucoup de gens j'ai été traumatisé par les attentats en France début janvier et je suis révolté de voir que progressivement le discours religieux gagne du terrain.
Il est inadmissible qu'aujourd'hui, nous perdions du temps à débattre sur la liberté d'expression. En France, nous avons le droit de caricaturer qui nous voulons et heureusement. Un point, c'est tout!Que vous disent les esprits sur la place de l'Islam en France?
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Bonjour,
Comme la plupart des gens, nous avons vécu douloureusement ces évènements de janvier qui amènent à de nouvelles réflexions sur l’intégration et sur les diversités culturelles et religieuses.
Vous demandez « Que vous disent les esprits sur la place de l'Islam en France? » Les esprits ne se sont pas spécialement exprimés sur ce sujet, étant entendu que leur vision va au-delà du religieux, dans une évidence soulignée par eux depuis longtemps, que le religieux a souvent été une mauvaise application d’une vérité révélée par un prophète. Partant de là, aucune religion ne trouve grâce aux yeux des esprits libres et éclairés, qui ont toujours indiqué un sens d’évolution spirituelle en dehors de toute forme de dogme et de rite.
Concernant la place de l’Islam en France, le débat actuel nous semble salutaire dans la mesure où il permet de poser clairement les problèmes tout en rappelant les règlements et les lois de la République. Et c’est dans le respect de ces lois qu’il faut chercher les solutions à des questions communautaires et religieuses et il semble que notre gouvernement en a pris toute la mesure et engage son action en ce sens. S’il a fallu un événement meurtrier pour qu’enfin les vrais problèmes soient posés, d’un mal pourra surgir un bien. La ferveur populaire, même au-delà de nos frontières, représente l’extraordinaire espoir de consciences qui se sont réveillées et qui ne doivent surtout pas se rendormir. Il y a les gouvernants mais il y a aussi les peuples, des réflexions nouvelles surgissent de toutes parts et l’on peut donc espérer, sans que cela soit une utopie, que la Terre prenne le tournant décisif d’une avancée réelle vers la fraternité et la paix. Ce sera encore long, mais il est fort probable que l’électrochoc des évènements récents ait été salutaire, produisant un nouvel éveil des consciences.
Concernant l’intégration et l’acceptation des règles républicaines, bien d’accord avec vous… Les lois de notre pays sont bien faites et il ne reste plus qu’à les appliquer. Pour la liberté d’expression, le blasphème n’est pas un délit, contrairement au racisme et à l’incitation à la haine, ce qui nous semble être une règle de bon sens dans la laïcité à laquelle nous sommes habitués depuis si longtemps. Et nous n’avons pas à céder sur ce point car il s’agit d’acquis obtenus de longue date, souvent au prix du sang. Et s’il y a bien un modèle qui puisse un jour être retenu pour d’autres pays, c’est ce modèle de laïcité dans lequel la religion n’a pas à intervenir dans les règles et les lois qui régissent la vie publique, la pratique religieuse demeurant une affaire strictement privée dans une liberté de pensée dont l’état se porte garant.