esprit du 11 janvier es-tu là ?
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Bonjour,
Je fais suite à l’article intitulé « l’esprit du 11 janvier »
Après les attentats dramatiques que l’on a connu et qui hélas ne seront pas les derniers, un rassemblement de quelques quatre millions de personnes, dont certains à Paris, s’étaient vus imposer de défiler derrière une cinquantaine de chefs d'Etat, dont quelques dictateurs, avaient pris place dans ce que certains qualifient de « tournant historique », donnant à penser que pour la première fois depuis longtemps, on avait là une véritable unité nationale. Un mois après, que reste-t-il du frisson d'unité nationale qui a traversé la France ce jour-là ?
Au milieu de cette foule, il ne fallait pas occulter les différences de motivation, ni oublier les soixante millions de Français qui ne sont pas descendus dans la rue. Il y a de fortes divergences sur la façon d’être 'Charlie' ou de ne pas l’être. Dès le départ, il y avait sans doute une unité de façade mais cet élan n'a pas permis à une société française déjà divisée de devenir un bloc solide du jour au lendemain, comme l’imagine quelques esprits angéliques, orientés politiquement et/ou tenant de la doctrine d’un « second siècle des lumières ». Il suffit d’ailleurs d’en juger par le peu de réaction de cette tragédie sur ce site.
En ciblant les caricaturistes de « Charlie hebdo », les fondamentalistes ont porté sur ce qui est pour certains une « atteinte à la liberté d'expression », pilier de notre république. Dans les manifestations du 11 janvier, une partie des personnes s’est donc levée pour défendre cette liberté, même si elle a couté 17 victimes en France et bien d’autres de par le monde, alors que d’autres avaient compris que l’enjeu était avant tout de s’unir contre le fondamentalisme et l’obscurantisme et non de défendre un journal. Mais une fois passées les commémorations, les critiques sont revenues à l'occasion de la sortie du "numéro des survivants" de « Charlie Hebdo » dont la couverture, aussi stupide et irresponsable que les précédentes, présentait un nouveau dessin polémique du prophète Mahomet.
Comme le notait un journaliste du « Monde », « faut-il laisser la liberté d'offenser la foi des croyants en l’islam en dégradant l’image de son prophète ou bien la liberté d’expression prime-t-elle sur toute autre considération ? »
En qualité de spirite, la réponse me semble évidente : tout ce qui peut porter atteinte à la dignité d’un être humain ou à la réputation dans ce qu’il a de plus cher, fusse sa religion, doit être proscrit, y compris ce fameux « blasphème religieux », autorisé par une loi découlant des droits de l’homme dont on sait combien ses auteurs étaient antireligieux.
A noter cette phrase complétant la définition du blasphème, selon la loi : « Il ne peut y avoir de sanction que lorsqu'il y a abus ou trouble à l'ordre public » … les événements du 11 janvier n’étaient sans doute que la conséquence d’un blasphème et probablement insuffisamment forts pour les considérer comme ayant été causés par un trouble à l’ordre public !
Quelques jours après, les "Charlie" étaient un peu moins nombreux dans les rues contrairement aux réactions épidermiques et dramatiques de millions de musulmans dans le monde !
Au niveau politique, l'unité s'est rapidement fissurée au profit des intérêts partisans. La législative partielle du Doubs a montré que le Front national, loin d'être affaibli par la séquence politique d'unité nationale, continuait de progresser, ce qui donne une idée de ce que seront les élections départementales prochaines. Depuis, les petites polémiques politiciennes reprennent de la vigueur, sans parler de cette honteuse instrumentalisation présidentielle qui surfe sur « l’esprit du 11 janvier » et lui permet d’éviter de parler du reste.
De plus les initiatives citoyennes s’essoufflent ; il est vrai que, sans remettre en cause les valeurs citoyennes, solidaires et généreuses, force est de constater qu’elles ont été marginales.
Loin de réparer les cassures de la société française et de nous unir, les événements de janvier semblent au contraire avoir réveillé quelques douleurs : les actes antimusulmans sont en forte progression, la communauté juive est inquiète, les quartiers difficiles sont calmes mais gare à la tempête qui couve, on a réveillé dans certaines écoles des réactions communautaires lors des hommages aux victimes des attentats ; on a aussi découvert la place qu’occupe les théories du complot chez des élèves comme chez des adultes …
Alors que reste-t-il de l’esprit du 11 janvier ?
Un sondage « IPSOS », peu commenté par les médias et les politiciens, et pour cause, révélait que seulement 54 % des Français se sentaient collectivement unis. De plus la majorité des sondés pensent que les attentats de janvier vont renforcer les tensions au sein de la société française.
Alors oui Gardons l’esprit du 11 janvier, ne serait-ce qu’en hommage aux victimes mais nous spirites, construisons une humanité par un travail de charité, à partir de ces évènements dont il faut tirer toutes les leçons. On connait ces paroles d’Allan Kardec « Hors la charité, point de salut » … la charité consiste aussi à éviter tout ce qui peut porter à la médisance, au dénigrement, à l’outrage ou encore à la diffamation , sources de bien des drames. Soyons donc solidaires et unis et respectons ce que chacun a de plus précieux en soi. -
Bonjour,
Il est bien normal que la vie ait repris ses droits et que l’esprit du 11 janvier n’ait pas la même importance pour tous. Sans faire de l’angélisme, on peut cependant espérer en une prise de conscience accrue pour un certain nombre d’humains, une prise de conscience qui de toute façon aura ses suites dans la mesure où de nouveaux attentats comme celui de Copenhague il y a deux jours, nous rappellent à une réalité fondamentaliste qui risque fort du durer.
Vous posez le problème du droit d’expression par rapport à celui du respect des religions, c’est une option… mais ce n’est pas celle de la laïcité à laquelle nous tenons par dessus tout, dans la mesure où il n’est pas admissible pour nous (spirites et autres humanistes, démocrates ou républicains) qu’un religion définisse la loi et les codes de vie en société au nom d’un Dieu créé de toute pièce et derrière lequel se cachent des humains oppresseurs, avides de pouvoirs, et au final tombés dans la barbarie la plus abjecte. Nous avons connu cela dans les siècles passés de l’Occident chrétien, et il est fort heureux pour nous que les choses aient évolué depuis deux cents ans, pour que finalement les systèmes oppressifs des religions aient été éradiqués. Les religions chrétiennes ont retrouvé leur place normale dans des sociétés laïcisées où chacun peut en toute liberté exercer ou non un culte sans avoir de compte à rendre et sans que cela empiète sur les institutions publiques.
Maintenant concernant le blasphème à teneur humoristique, il serait tout de même déplorable de se censurer, quand de toute évidence, cet humour-là ne fait que dénoncer des pratiques oppressives, voire barbares, commises au nom d’un Dieu ou d’un prophète. C’est alors la religion dans son essence et dans son système délétère qui est visée par le caricaturiste. Et s’il y a quelque part un sacrilège ou blasphème innommable, c’est bien celui un crime commis au nom d’une religion, et plus clairement si l’on veut aller plus loin, il s’agit d’un phénomène davantage politique d’une caste grandissante de fondamentalistes, qui dans l’art de la manipulation via Internet, fait des dégâts chez des esprits faibles, chez des jeunes en perdition en quête d’identité.
Faudrait-il pour calmer le jeu, faire un peu d’autocensure ? Quand on voit que les attentats de Paris et de Copenhague font suite à des caricatures qui remontent à plusieurs années, on aurait pu penser qu’il y aurait eu prescription, mais la prescription n’existe pas dans ces milieux qui trouveront toujours de bonnes raisons de faire la guerre à l’Occident, un Occident qui certes avait favorisé les émergences fondamentalistes par ses interventions stupides au Moyen Orient du temps des Bush et consort, mais c’est un autre sujet… En attendant nous sommes face à une réalité grave qui dépasse les fameuses caricatures, la réalité d’une prolifération intégriste dans de nombreux pays et qui semble impossible à contenir dans le temps présent.
Quant aux législatives dans le Doubs, c’est davantage une question politicienne franco-française qui n’a pas de rapport direct avec les événement de janvier.
Vous rappelez le précepte d’Allan Kardec « Hors la charité point de salut ». On peut conjuguer cette phrase sur différents modes. Est-il charitable de dénoncer certaines ignominies ? Est-ce charitable de se moquer de forces dangereuses ou de montrer du doigt des systèmes oppressifs ? Voilà un sujet de dissertation où il faudrait faire intervenir les notions d’égalité, de justice, de liberté et de responsabilité, notions qui étaient également mises en évidence par Allan Kardec.
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