suite (Jacques) sur la crédibilité du spiritisme.
-
Cher Jacques,<BR>Merci pour la pertinence de vos réponses et votre patience à mon égard. Néanmoins, me voici de nouveau fort perplexe et cela n’est guère agréable à vivre pour moi qui suis sorti d’un milieu religieux où les vérités sont établies et présentées comme divines et éternelles.<BR>Peut-être ai-je été un peu trop ‘formaté’ dans cette vision des choses. Néanmoins, à vous lire, il me reste encore un goût de trouble et de doute dans la bouche et cela me perturbe.<BR><BR>Quand vous dites :<BR>« Comme vous le suggérez, des choses ont pu être "filtrées par le mental des médiums", ce qui n'est pas rare dans le contexte d'un développement médiumnique et les médiums sollicités n'étaient pas forcément très expérimentés pour avoir le recul nécessaire, au point d'ailleurs que c'est Allan Kardec lui-même, qui dans le même temps, dut définir les lois de la médiumnités à partir de ses observations. (…) N'y avait-il pas des influences culturelles chez des médiums encore peu expérimentés, mais savamment guidés dans leur travail par Allan Kardec ? »<BR><BR>A supposé que ce soit le cas, il ressort de cela que les esprits supérieurs étaient donc incapables de garantir la pureté du fluide informatif, de la qualité de la transmission. Ce qui est contrariant, avouons-le, de leur part… et donc, donc, pas si supérieurs que cela ….<BR>Cela laisserait à supposer que le niveau de réalité du monde des esprit, du moins celui dont furent issus les esprits concernés, que ce niveau donc n’est guère supérieur au nôtre et que cette intention de leur part n’était pas sous l’impulsion d’une volonté divine… ce qui est peut-être le cas…<BR><BR>Quand vous dites :<BR>« Il faut donc en conclure que le spiritisme est évolutif, et ce, grâce à l'apport d'expériences complémentaires, de messages complémentaires et d'une réflexion toujours plus précise et plus fine à partir de tout ce qui est reçu et constaté. »<BR>Il ressort donc bien ce côté flou, non fini et ‘humain’ des choses.<BR>Pour prendre une image on pourrait dire que le spiritisme n’est pas une autoroute du savoir et d’un mode de vie mais une piste qui serpente dans la broussaille des philosophies humaines. Autrement dit une philosophie humaine sous les conseils diffus des esprits et non pas une guidance supérieure, une vérité incontournable.<BR>Sous l’aspect ‘dilué’ des choses on pourrait donc avoir tendance à se sentir seul juge de soi-même et de son évolution morale. Auquel cas l’on se sent immédiatement plus libre et donc moins porté à l’effort, car il est toujours plus agréable de se trouver toute les meilleures excuses du monde plutôt que de sentir l’impérieuse nécessité de grandir sous le regard de Dieu.<BR>Je souhaite me tromper…. Néanmoins je ne suis que modérément convaincu par vos arguments quand je constate qu’il s’aligne sur le laissé aller général où se coule notre société où tout est permis et où personne n’a le droit de juger quoi que se soit et où Dieu lui-même se trouve dilué dans une permissivité parisienne et bien pensante.<BR>A vous lire et avec toute ma reconnaissance et ma bienveillance.<BR>yvan<BR>
-
Il n'y a pas remettre en question la qualité et l'évolution des esprits qui se manifestent ou se sont manifesté au temps d'Allan Kardec. Il peut seulement y avoir des problèmes de transmission en fonction de la qualité des médiums et des conditions de la pratique. Allan Kardec fut d'ailleurs le premier à mesurer toute la complexité de la pratique médiumnique et de son développement. Et encore une fois, il a fait le maximum avec les médiums qui étaient à sa disposition, réalisant une oeuvre considérable et déterminante qui n'est cependant pas l'alpha et l'oméga de toute la connaissance métaphysique. Mais c'est à partir de cette oeuvre fondamentale que la continuité spirite a pu être assurée, avec déjà des points précis qu'il fallut préciser et affiner, ce que firent Gustave Geley et autres précurseurs.<BR>Vous revenez encore sur ce que vous considérez comme une décadence de la civilisation dans laquelle s'inscrirait le spiritisme d'aujourd'hui. Pour notre part, nous ne pouvons souscrire à cette idée, estimant que l'évolution de l'humanité n'est pas suspendue à des règles morales contraignantes qui n'ont aucune valeur sur les plans de la justice de la liberté et surtout de l'amour. Si la décadence c'est pour vous le divorce, la famille recomposée, l'homosexualité, et autres questions de sociétés nouvelles qui se posent aujourd'hui, il s'agit au contraire pour nous de libertés humaines qui s'acquièrent dans le refus des anciennes hypocrisies et dans la valorisation d'un amour plus vrai. Lorsque l'amour est enfermé dans des règles sociales qui ne conviennent pas à l'épanouissement de l'individu, il finit par se transformer en habitudes de vies absentes de tout sentiment. C'est ce qu'ont connu les générations précédentes dans des vies difficiles où il fallait savoir composer dans le refoulement et l'hypocrisie sociale. <BR>