Sur la confiance à donner aux révélations des Esprits (Jacques)
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<BR>Cher Jacques, <BR>Merci de ne pas vous être offusqué de ma dernière intervention mais je suis toujours mal à l’aise lorsque je lis des propos n’apportant qu’un point de vue social au mots de notre société. Et je ne pense vraiment pas que les choses s’expliquent uniquement par ce biais.<BR>Maintenant, vous nous dites : (9757)<BR> Nous connaissons bien l'œuvre d'Allan Kardec et avons déjà expliqué dans d'autres réponses les actualisations nécessaires sur certains points (3762, 3583, 7432, 7486 entre autres réponses). Ces analyses plus précises que nous proposons ont plusieurs sources, d'une part des messages spirites et pas seulement dans notre cercle, d'autre part la réflexion des spirites sur ces informations dans un comparaison avec les écrits du passé. (…) Si l'on veut déconnecter le spiritisme de toute réflexion sur les grandes questions de société, pour en faire uniquement une métaphysique de l'épreuve et de la punition, l'on va par là même en faire une philosophie de la résignation fataliste, au risque de dévaloriser les idées de responsabilités (individuelles et collectives), de justice et de liberté. Ces idées là étaient cependant contenues dans l’œuvre d'Allan Kardec.<BR>Je ne peux m’empêcher de me poser cette question : Les hauts et bons esprits qui ont répondu aux questions d’Allan Kardec ont-ils menti ? Cela ne représentait-il qu’une vérité relative et révisable en fonction des goûts et modes sociales des époques ou bien des vérités divines et éternelles ? A les lire, et dans le ton employé, je suis en droit moral de me poser ces questions. Car, de la réponse à ces questions se posera le doute sur la pérennité et la fiabilité de toutes les réponses des Esprits, y compris celles d’aujourd’hui. Et puis, est-ce bien le lieux, ici, sur un site spirite de ne présenter que l’approche sociale du spiritisme ? Je ne vous reproche pas la teneur sociale de vos réponses, car qui pourrait le faire, mais l’exclusivité de celles-ci en faisant abstraction des causes spirituelles et cela me gène. Pour mémoire lire l’article suivant du Livre des Esprits :<BR>984. Les vicissitudes de la vie sont-elles toujours la punition des fautes actuelles ?<BR>« Non ; nous l'avons déjà dit : ce sont des épreuves imposées par Dieu, ou choisies par vous-mêmes à l'état d'Esprit et avant votre réincarnation pour expier les fautes commises dans une autre existence ; car jamais l'infraction aux lois de Dieu, et surtout à la loi de justice, ne reste impunie ; si ce n'est dans cette vie, ce sera nécessairement dans une autre ; c'est pourquoi celui qui est juste à vos yeux est souvent frappé pour son passé. »<BR><BR>Les choses ont été dites pourtant assez clairement et en douter n’est guère permis. Maintenant je vous serais vraiment reconnaissant de me donner votre explication sur l’article ci-dessus et me dire si je dois le considérer comme 1) un mensonge, 2) une idée rétrograde, 3) une vérité divine.<BR>En tout cas, et pour le moment, je suis troublé dans ma foi spirite et ne sais plus trop quoi en penser.<BR><BR>Bien cordialement et amicalement.<BR>yvan<BR>
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Dans vos trois propositions, je choisis "une idée rétrograde" et qui n'a pas troublé de nombreux spirites, qui ont su de très longue date actualiser ce qui devait l'être. Il fallait très certainement à une cette époque dans des milieux catholiques du second empire, et pour une idée complètement nouvelle, aborder la morale de cette façon, afin qu'elle fût compréhensible de tous. Il y avait certes la notion essentielle d'un Dieu, mais vu d'une façon un peu trop catholique en tant que juge et comptable de toutes nos actions. La différence avec l'actualisation n'est pas si énorme, il s'agit simplement de remplacer "épreuves et expiations" par "relations de cause à effet", ce qui dans le résultat des souffrances humaines ne fait pas une grande différence. C'est seulement au niveau des causes que l'on doit s'interroger, car si toute souffrance est une expiation, tout se justifie et il n'y a pas lieu de vouloir changer quoi que ce soit à la marche du monde. Et si un jour nous périssons tous d'une déflagration atomique, il nous faudra encore dire que ce sera le prix d'une expiation collective. Et c'est justement à ce niveau collectif qu'il n'est pas possible de considérer que tout un peuple opprimé (ou massacré) par exemple, soit composé de milliers ou millions de victimes toutes soumises à la même dette. Depuis bien longtemps, les esprits sont venus rectifier ces points pour faire passer les spirites à une vitesse supérieure, non plus celle de l'acceptation et de la résignation, mais celle de la lutte contre toutes les ignorances et tous les maux. Ainsi le spiritisme est évolutif dans une pensée qui a dû s'affiner depuis ses origines. Allan Kardec avait d'ailleurs prévu cela. Il est bien évident qu'une première version philosophique du spiritisme, obtenue très rapidement en quelques années grâce au concours de quelques médiums, et malgré la grande intelligence et clairvoyance d'Allan Kardec, ne pouvait être parfaite en tout point. Les grands principes y ont certes été magistralement exposés et sont toujours bien d'actualité. Mais faut-il en rester à une morale qui convenait sans doute à une culture mais qui sur de nombreux points ne correspond plus à la réflexion philosophique d'aujourd'hui ? Un exemple parmi d'autres : les peuples dits primitifs étaient composés d'être encore inférieurs, comparés aux pays dits civilisés. Qui pourrait encore aujourd'hui soutenir une telle thèse ? Des spirites ? Oui, il en existe qui sont restés rivés à ces idées spirites du 19è siècle et qui pour l'époque étaient parfaitement dans l'air du temps.