Bonjour,
Le mal sous toutes ses formes existe sur Terre du fait de l’infériorité générale de ses habitants, et c’est en partant de cette évidence que l’on peut réfléchir autrement la question des fameuses « épreuves et expiations ». Se pose alors la question : les épreuves seraient-elles des passages obligés servant de justification punitive pour expier des fautes antérieures ? Ou bien n’y aurait-il finalement qu’une infériorité générale qui engendre tous les maux, infériorité contre laquelle il faut lutter, infériorité qui se justifie d’elle-même sans que l’on soit obligés de lui donner le sens d’une épreuve expiatoire ? En soi, il s’agit d’épreuves, mais qui s’expliquent simplement par l’orgueil et l’égoïsme humain, dans des relationnels de violence et de brutalité.
Peut-être fallait-il, à l’époque du spiritisme naissant, faire un pont entre le christianisme et la nouvelle révélation des Esprits, en avançant encore des notions de culpabilité judéo-chrétienne, alors même que les premiers spirites provenaient de milieux essentiellement catholiques. De ces principes, nous ne retenons plus aujourd’hui que la fameuse « relation de cause à effet », selon laquelle de vie en vie, des personnes se retrouvent, dans des sentiments aussi divers que la haine, la jalousie, la domination ou bien l’affectif retrouvé sur le chemin de l’amour. Cette relation de cause à effet représente l’ambivalence de personnalités et de psychologies qui se confrontent ou qui s’apprécient, et même celles et ceux qui se détestent, doivent trouver à un moment ou à un autre le sens d’une réconciliation qui transformera la haine en amour.
Partant de cela, il n’y a aucune justification à la violence. La violence ne se justifie pas, elle peut tout au plus être expliquée par l’existence d’esprits de peu d’évolution, qui de surcroît peuvent souffrir d’un manque d’éducation, reproduisant par mimétisme une violence qui généralement existait déjà dans la génération précédente. Et si Allan Kardec insistait déjà sur le libre arbitre, il se référait alors à une notion de responsabilité dans l’apprentissage de la liberté et de l’amour. C’est ce point fort qu’il faut retenir pour redonner à l’humain toute sa dimension autant individuelle que sociale, dans une responsabilité qui doit devenir grandissante, responsabilité qui s’applique par une lutte contre toutes les violences fomentées par les orgueils humains. Et c’est de cette lutte dont vous participez vous-même par votre groupe de parole. C’est là que se situe le sens véritable d’une évolution humaniste, et c’est là que se situe le sens émancipateur d’une morale spirite qui n’est plus celle du fatalisme mais celle de responsabilités individuelles et collectives dans une lutte indispensable contre tous les maux de l’humanité, qui s’expliquent par toutes les bassesses humaines, mais qui en soi n’ont aucune justification.