Bonjour,
Il faut inscrire toutes ces constatations dans un contexte religieux et historique pour bien comprendre cette réalité d'aujourd'hui. Et dans la continuité de ce texte, je vous propose la lecture des ouvrages d'Amin Maalouf d'origine libanaise. Son dernier livre "Le dérèglement du monde" apporte des éclairages très intéressants sur la culture musulmane, sur sa confrontation avec les civilisations occidentales d'un point de vue politique, culturel et religieux. Dans son analyse, il explique comment le politique et le religieux ont été imbriqués dans les relations inter-arabes et dans les relations internationales. Il parcourt toute l'histoire moderne du monde arabe qui, passant par des épisodes politiques divers, en arrive aujourd'hui à une montée des intégrismes. Tout cela s'explique politiquement, et l'auteur en appelle bien entendu à un renouveau différent qu'il reste encore à imaginer, à partir d'une compréhension d'un passé difficile.
Il me semble que des analyses en profondeurs telles que celles d'Amin Maalouf et d'autres, sont indispensables pour la pensée humaine, qui doit aller au-delà des simples constatations d'aujourd'hui. C'est par la connaissance des mécanismes culturels, politiques et religieux, mis en perpective dans leur histoire, que l'on peut comprendre les peuples dans leurs mentalités. Et ce n'est que par une connaissance élargie et partagée vers le plus grand nombre, que les mentalités de ces peuples évolueront, et à la condition également que nos civilisations occidentales s'ouvrent un peu plus au-delà de leurs propres préjugés. Nos civilisations occidentales ont leur part de responsabilité dans tout cela, et d'un point de vue spirite, nous n'irons pas dans le sens trop simpliste du ""choc des civilisations". Une civilisation, c'est le résultat d'un héritage culturel, religieux et autre, mais aujourd'hui, nous sommes à un stade historique de mondialisation sous toutes les formes, et c'est là qu'il faut mettre en avant l'humain, non plus comme membre d'une communauté particulière, mais comme participant à une société globale. Et si le spiritisme avait son mot à dire, ce serait : au-dela des particularismes inhérents aux civilisations, il nous faut construire une autre humanité, dans une spiritualité nouvelle qui aura transcendé tous les phénomènes culturels et religieux.