L'une de vos questions signifie à peu près ceci : un esprit, dans ses projets avant l'incarnation peu-il se donner pour mission de devenir pape ? Même si nous n'avons pas la réponse, on peut malgré tout, à partir de nos connaissances spirites donner quelques éléments : un esprit peut éventuellement se donner le projet de participer à l'évolution de l'Eglise, tout en sachant en tant qu'esprit qu'il va retomber dans des croyances et des dogmes, au risque d'oublier des vérités plus simples qui s'effacent de la mémoire lors de l'incarnation. <BR>Situation plus probable : un esprit se réincarne avec l'idée d'un approfondissement de la recherche spirituelle, et une fois incarné tombe dans ce qu'on lui propose sur Terre : l'Eglise. Oubliant ce qu'il avait acquis dans l'au-delà, il accepte ce modèle de spiritualité et s'y investit, car d'une façon ou d'une autre l'Institution répond à sa quête spirituelle confusément enfouie dans son subconscient. Et de là, selon les circonstances, il deviendra moine, prêtre, évêque et pourquoi pas pape, il en faut bien un... Et s'il s'agit d'un esprit de bien, comme le fut Jean-Paul II, il lui faudra composer avec l'Institution, pour malgré tout faire passer son message essentiel, en l'occurrence celui de la paix. <BR>S'il y a une prérogative du Vatican, ce n'est pas celle d'une juste morale, comme vous le soulignez très bien dans vos quelques exemples, mais celle d'une influence qui a son importance, l'influence d'un Etat qui peut peser sur des décisions politiques internationales. On l'a vu avec Pie XII d'une façon désastreuse (je ne m'étendrai pas... car quand je prononce le mot "collaboration" sur ce forum...), on l'a vu avec Jean XXIII, homme de réforme, de dialogue et de paix, et on l'a vu avec Jean Paul II, dans une sorte de croisade pour la paix à tout prix (quelles que fussent ses positions conservatrices et réactionnaires par ailleurs).<BR><BR>"Alors, quels sens attribuer aux rôles que l'Eglise a joué depuis l'ère chrétienne?"<BR>Si j'osais, je vous dirais : aucun sens ! Mais si ! Il y a un sens, indéniablement politique beaucoup plus que spirituel, qui a marqué toute l'histoire de la papauté depuis les origines. Ce n'était certainement pas la réalisation du message chrétien, mais l'usurpation et la transformation du message originel de Jésus, à des fins de puissance et de pouvoir. Et il me semble que sur ce point la plupart des historiens sérieux sont d'accord.<BR><BR>Quant à votre interrogation sur le devenir de l'humanité et son manque d'intelligence, nous ne pourrons vous répondre que par notre conviction spirite, qui, contre vents et marrées, porte l'espoir de la spiritualité vraie, la spiritualité aimante et débarrassée de tout dogme. Nous portons cette utopie de toute nos forces, qui, réunies à d'autres utopies humanistes, a encore quelques espérances dans l'indispensable prise de conscience pour l'évolution. <BR>Vous parliez des ecclésiastiques pédophiles (mais il n'y a pas qu'eux), ce ne sont que des hommes comme les autres. Eh bien sur ce point par exemple, il y a progrès, pour la simple raison qu'au moins aujourd'hui on en parle. Hier cela était tu. La prise de conscience par une meilleure information, c'est déjà un progrès.<BR>Pour le reste, nous vivons sur un monde inférieur qui se cherche, et il n'y a pas plus à désespérer aujourd'hui qu'hier. Souvenez-vous, vous êtes né à la fin d'une guerre mondiale. Ce n'est pas si loin et le monde n'évolue pas si vite. Il y a certes de quoi se faire du souci en ce moment, mais il y a également des raisons d'espérer, car toutes les forces actives du progrès n'ont pas l'intention de baisser les bras, et en tant que spirites, nous ne cesserons pour notre part, de porter cette espérance active avec les moyens qui sont les nôtres.<BR>