Bonjour,
La souffrance physique liée à un grave handicap, c’est déjà en soi un vaste sujet qui mérite en effet qu’on s’y arrête plus particulièrement. Et d’un point de vue spirite, nous avons des données spirituelles qui permettent d’avancer dans la réflexion. Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une « épreuve choisie », mais d’une défaillance accidentelle pouvant avoir sa part d’hérédité, mais surtout sa part d’origine psychique et spirituelle. C’est ce que nous appelons les accidents de réincarnation. L’esprit qui se réincarne ne choisit pas cette épreuve à l’avance, il la subit. Il subit très souvent un traumatisme relatif à une vie antérieure : cela peut avoir lieu au moment de la vie fœtale où submergé par un mauvais souvenir non résolu, l’esprit imprime malencontreusement son angoisse antérieure sur son physique en construction ; cela peut également avoir lieu au cours de la vie lorsque la mémoire inconsciente resurgit suite à un événement présent qui peut rappeler l’antériorité, provoquant par exemple une hémiplégie. Il s’agit donc là d’un processus spirituel par lequel une mémoire traumatisante inscrite dans l’esprit et le périsprit, va se transposer sur le physique produisant un handicap. C’est là que l’on parle d’un accident et non pas d’une épreuve karmique prédéterminée. L’esprit dans ses angoisses et ses faiblesses, se trouve rattrapé par son passé, avec des conséquences graves sur son état physique. Voilà pour l’explication donnée par les esprits et nous avons eu nous-mêmes des cas expliqués par une révélation précise d’antériorité ayant produit cela, avec parfois des solutions magnétiques et autres pour tenter d’améliorer la situation du patient.
Partant de cette explication, la notion de résignation n’est plus tout à fait la même. Dans les cas extrêmes, comme celui de la personne que vous avez accompagnée, il s’agit de surmonter une souffrance extrême dans la résignation. Et il peut se trouver des êtres d’exception capables de cela. Et puis à l’extrême, il y a aussi toutes ces personnes qui, emprisonnées dans leur handicap, réclament la mort pour être libérées d’horribles souffrances. Se pose alors la question d’actualité sur l’euthanasie (passive ou active) qui est devenu un sujet d’éthique que nous posons aussi nous-mêmes en tant que spirites. Et nous en sommes arrivés à la conclusion que dans les cas extrêmes, si le patient le réclame, il faut avoir le courage de répondre à sa volonté, dans la mesure où ce qui lui reste de vie, ne sera plus qu’un enfer interminable jusqu’à sa désincarnation. Je sais en disant cela qu’une certaine catégorie de spirites considérera que nous sommes dans une déviation des grands principes, car ces spirites estiment qu’il y a une épreuve karmique à assumer jusqu’au bout, dût-elle se prolonger dans d’atroces souffrances, et se prolonger de surcroît dans certains cas par un acharnement thérapeutique.
J’ai dépassé un peu l’objet de votre commentaire, mais la gravité de ces situations mérite que l’on y apporte de nouvelles réflexions à la lumière d’un spiritisme qui évolue dans la précision de ses concepts.